AVERTISSEMENT

Je tiens à préciser pour les personnes qui auraient du mal à comprendre la démarche d’un blog (flatter l’égo démesuré de l’auteur, partager ses névroses, faire pleurer dans les chaumières, passer ses nerfs, raconter des conneries, informer un peu, se marrer beaucoup, toussa), que tout ce qui est écrit ici – non seulement n’engage que moi – mais surtout, que tout ce qui y est raconté est bien évidemment purement fictif. Par là j’entends que ces récits, satires, pamphlets, anecdotes (lorsqu’ils ne sont pas tirés d’ouvrages extérieurs) sont inspirés de faits réels mais sont, comme vous l’aurez tous compris, racontés à travers le filtre d’une imagination débordante et d’un esprit, je m’en excuse, légèrement névrosé.

jeudi 28 juin 2012

Le Renard, le Loup et le Cheval

Fable XVII livre douzième


Un Renard, jeune encor, quoique des plus madrés, 
Vit le premier cheval qu'il eût vu de sa vie.
Il dit à certain Loup, franc novice : "Accourez, 
Un animal paît dans nos près, 
Beau, grand ; j'en ai la vue encor toute ravie.
-Est-il plus fort que nous ? dit le Loup en riant :
Fais moi son portrait, je te prie.
-Si j'étois quelque peintre ou quelque étudiant, 
Répartit le Renard, j'avancerois la joie
Que vous aurez en le voyant.
Mais venez ; que sait-on ? peut-être est-ce une proie
Que la Fortune nous envoie."
Ils vont ; et le Cheval, qu'à l'herbe on avoit mis, 
Assez peu curieux de semblables amis,
Fut presque sur le point d'enfiler la venelle.
"Seigneur, dit le Renard, vos humbles serviteurs
Apprendroient volontiers comment on vous appelle."
Le Cheval, qui n'étoit dépourvu de cervelle, 
Leur dit : "Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs :
Mon cordonnier l'a mis autour de ma semelle."
Le Renard s'excusa sur son peu de savoir.
"Mes parents, reprit-il, ne m'ont point fait instruire ;
Ils sont pauvres, et n'ont qu'un trou pour tout avoir ;
Ceux du Loup, gros messieurs, l'ont fait apprendre à lire."
Le Loup, par ce discours flatté, 
S'approcha. Mais sa vanité
Lui coûta quatre dents : le Cheval lui desserre
Un coup ; et haut le pied. Voilà mon Loup par terre, 
Mal en point, sanglant, et gâté.
"Frère, dit le Renard, ceci nous justifie
Ce que m'ont dit les gens d'esprit :
Cet animal vous a sur la mâchoire écrit
Que de tout inconnu le Sage se méfie."

mardi 12 juin 2012

Le Sketch (catégorie "ça n'a rien à voir")


Ah oui, parce que je ne vous ai pas raconté ! Là quand même ça vaut le coup.


Bon alors il y a quelques semaines j'étais invitée chez une amie au centre ville...

Jusque là, tout va bien. 

Enfin presque. Nan parce que j'aime pas trop le centre ville ; y a que des handicapés du code de la route et à chaque fois je manque de péter les plombs et d'en emplâtrer un, fin bon...

Donc comme mon chéri n'est pas là et qu'il faut faire rouler sa voiture (et qu'elle fait aussi beaucoup plus classe) je décide de la prendre.

Oui, bon, ok, j'aurais dû me dire qu'un break... En centre ville... Fin bon, c'est pas non plus un paquebot et je sais conduire moi Monsieur ! Nan mais. Et puis y a plein de petits radars qui font bipbip, ça va non plus, j'vais pas lui casser sa voiture !

Et puis de toutes façons je l'avais prise dès le matin pour aller travailler et c'était prévu que je me douche chez mon amie car ça m'évitait de retourner chez moi. Oui parce que chez moi c'est forcément complètement à l'opposé. Nan parce qu'on avait quand même réfléchi aussi, c'était tout prévu tout comme y faut. Je finissais mes cours vers 18h30, une demie-heure pour arriver pile à l'heure de l'ouverture des bornes où t'as pas le droit de passer avant 19h, une petite douche et hop, pile poil prête pour 19h30 à l'arrivée des autres invités. Top organisation j'vous dis !

Et même que j'avais pris le GPS au cas où parce que je suis parfois aussi un peu handicapée du sens de l'orientation. Tout prévu la meuf !

Voilà voilà, donc 18h00 arrive, je fini un peu plus tôt donc j'en profite pour passer voir mes loulous à l'écurie d'en face avant de partir. Il fait 30°, je suis trop heureuse d'avoir pris la voiture de chéri qui est climatisée et il ne me tarde qu'une chose : enlever mes chaps, mes boots et ma culotte de cheval et me jeter sous la douche ! Me voilà donc partie, je branche le GPS.

Arrivée au méga rond point fatidique (et merdique surtout) avec 50 sorties et des feux en plein milieu, le GPS me dit de sortir à la sortie d'après celle que j'aurais dit moi... 

Hem, bon, ok je suis nulle alors j'écoute le GPS, mais quand même, c'est louche...

Donc je prends la sortie et je poursuis, évidemment c'est le fameux week-end de la manifestation qui tue et mon amie habite juste là où il faut pas, évidemment... Donc y a des routes coupées qu'on peut pas prendre, je fais 50 détours parce que le GPS il est con, il comprend pas lui, que la route elle est coupée et que c'est pas parce que tu vas te représenter 10 fois devant qu'elle va finir par s'ouvrir ; sans déconner, quand est-ce qu'ils vont comprendre qu'il faut proposer un itinéraire bis quand tu passes pas là où il veut. Alors ok, je veux bien qu'on me prenne pour une débile, mais si je prends pas la route qu'on m'indique c'est peut-être aussi parce que JE PEUX PAS ! Genre, elle est coupée ou elle est en sens interdit ou y a des travaux ou alors ben je la prends pas parce que ma voiture elle est pas équipée pour faucher les maïs (nan nan, sans déconner, ça m'est déjà arrivé, j'vous jure !). Bref...

Je fini par me repérer (et j'avais raison, c'était bien l'autre route qu'il fallait prendre au rond-point... Fin bon, je dis ça, je dis rien hein...) et par trouver une route où je peux passer et où le GPS il finit par dire que bon, ok, par ici aussi ça ira quand même. Je passe sur le fait qu'il est 19h ou pas très loin, que c'est l'heure de pointe et que y a plein d'handicapés du code de la route partout, et chez nous, c'est les pires que j'ai jamais vu de toute la France hein ! Et pourtant j'en ai vu des handicapés du volant, chacun sa spécialité selon la région mais ici, ben on cumule, c'est la totale méga full options... Re bref...

Me voilà sur une route à sens unique (dans le bon sens, je précise) où on roule à peut-être 15km/h parce que doit y a voir un cédez le passage au bout j'imagine et je dois être à  deux minutes de l'arrivée et de ma douche. 

Et là ! Là, y a un gars qui est garé en triple file le long d'un parking en épi, donc juste à peine pas du tout là où il devrait être vu qu'on est à sens unique et qu'il n'y a qu'une voie, ok large, mais quand même. Et là, ben le gars que j'avais pas vu (moi j'avais vu que la voiture et quand même ça passe large), et ben il s'éjecte littéralement de sa voiture au moment où je passe. Alors je dis bien : il S’ÉJECTE ! 

Oui oui, nan parce qu'il aurait pu faire comme tout le monde, regarder dans son rétro, entrouvrir sa portière histoire de jeter un oeil... Ben non, non lui il sort comme s'il était à Fort Boyard avec tous les gens qui lui crient : 

"ALLEZ SORS ! SORS ! TU VAS RESTER ENFERME SINON !!!!"

Voilà. Donc il est 19h et je viens d'arracher la portière d'un gars, enfin, elle tient encore hein, c'est juste qu'elle est pas du tout pliée dans le bon sens... 

ET J'AI JUSTE ENVIE DE L'ASSASSINER !!!! Bordel de merde !

Oui, j'ai des envies de meurtre des fois, d'ailleurs, je me gare, je descends et je me retiens très fort de lui en coller une, oui parce que moi j'ai même pas peur des gens quand je suis énervée (c'est moi qui leur fait peur d'abord) et juste je l'insulte, juste. Et lui, ben il dit rien, je crois qu'il est en état de choc, à moins que ce ne soit son état permanent, j'sais pas...

Alors j'ai mon rétro qui est pété, enfin juste le plastique, parce que même que il se replie encore tout seul quand la voiture se ferme automatiquement quand je m'éloigne (ouais, je fais trop ma belle je sais...) et j'ai les deux portières de refaites quoi, le top... Donc je m'approche du gars et je lui dis presque pas gentiment du tout qu'on va faire un constat et là, le gars il me répond (sans déconner hein, mot pour mot) :

"-D'accord, mais juste une minute je vais chercher le pain parce que ça va fermer... 

-  --' Je crois que je vais me le faire !" (Nan parce que c'est vrai, moi je suis pas attendue du tout quelque part, je devrais peut-être aller chercher du pain aussi tant que j'y suis...)

Donc Monsieur va chercher son pain, qu'il paie par chèque (nan mais j'vous jure, un sketch, le truc que tu le racontes, personne te croie) et enfin, il arrive pour remplir le constat que c'est moi qui lui ai rempli parce qu'il en avait jamais rempli de sa vie (sans déconner !?!) et le constat il était pré daté comme avant avec le 19__ pour rajouter que les 2 derniers chiffres, que même qu'il y a plus les même cases dans les constats d'aujourd'hui ! (Re sans déconner !?!)

Voilà voilà, donc je suis arrivée méga en retard, encore en tenue et pas du tout énervée devant les invités... 


J'ai malgré tout passé une bonne soirée, rassurez-vous ! 


Oui, parce que j'avais oublié, c'était aussi un peu la veille de mon anniversaire..... Si ça s'était passé le lendemain j'aurais pu croire que j'avais la poisse, mais là, non, pas du tout.


lundi 11 juin 2012

Bucéphale


Bucéphale était le cheval d'Alexandre le Grand, fils du roi Philippe de Macédoine, dont le prénom signifie d'ailleurs "l'ami des chevaux" en grec. Cette histoire d'amour entre celui qui vainquit les Perses à vingt-deux ans et son cheval est probablement l'une des plus belles du monde. L'une des plus fascinantes aussi. Tous deux avaient presque le même âge, tous deux moururent au début de leur trentaine. Ensemble il conquirent le monde.

Bucéphale appartenait à la meilleure race de Thessalie, région de Grèce d'où étaient originaires les Centaures, ces fabuleuses créatures au buste d'homme et au corps de cheval. Bucéphale et son cavalier Alexandre allaient constituer la personnification la plus aboutie, la plus parfaite, de ces êtres chimériques.

Bucéphale, dont le nom veut dire "à la tête de taureau", allusion probable à son front large et à ses naseaux courts et écartés, était noir, portant une étoile blanche sur le front. Il possédait un oeil vairon, dont l'iris était entouré d'un cercle blanchâtre, et il était beaucoup plus grand que la plupart des chevaux de l'époque.

D'ascendance grecque, comme sa fougueuse monture, Alexandre, né en 356 av. J.C., était persuadé d'être d'essence divine. Il prétendait descendre d'Achille en droite ligne, par sa mère. D'ailleurs, il ne dormait jamais sans une copie du fameux récit d'Homère l'Illiade.

Bucéphale était si fougueux que personne n'avais jamais réussi à le monter. Alexandre, âgé de douze ans seulement, mais qui avait déjà pris part à des batailles et était un cavalier émérite, releva le défi. Il dompterait l'indomptable. Il commença par étudier le comportement du grand cheval noir, cherchant la faille. Il s'aperçut alors que l'animal avait peur de son ombre comme de celle des hommes qui s'approchaient de lui. Tendre et cajoleur, le jeune homme parvint à placer le cheval face au soleil et l'enfourcha, le faisant galoper en tous sens avant de revenir vers son père. "Tu devras te chercher ton propre royaume, mon fils, la Macédoine est trop petite pour toi", fut le seul commentaire du souverain visionnaire.

A partir de ce jour, Bucéphale se laissa monter à cru par les valets, mais quand il était paré du harnais royal, seul Alexandre était accepté. Le cheval se mettait alors à genoux pour aider son maître à monter.

Pendant presque vingt ans, Alexandre et Bucéphale combattirent ensemble. L'une de leurs plus grandes victoires fut celle gagnée sur Darius le Grand, empereur de Perses, à Issos, en 333 av. J.C. Le couple légendaire étendit les frontières de l'Empire grec de l'Egypte, où le roi fonda la ville d'Alexandrie, à l'Inde. L'illustre Grec et sa monture devinrent les maîtres d'une grande partie du monde connu de l'époque, contribuant à la diffusion de la culture hellénistique parmi tous les peuples conquis.

Mais même les plus belles histoires ont une fin, et celle d'Alexandre et de son inséparable Bucéphale se termine comme on peut s'y attendre, à la guerre : celle qui opposa Alexandre à Pôros, roi indien du Pendjab, lors de la bataille de l'Hydaspe, en l'an 326 av. J.C. Bien que mortellement blessé, le vaillant Bucéphale ne permit pas à Alexandre de monter un autre cheval, et, réunissant ses ultimes forces, mena son auguste maître à la victoire. La bataille gagnée, couvert de sang et de sueur, il s'allongea enfin pour succomber à ses blessures. 

Plus que la perte d'une monture, le roi de Macédoine déplora la disparition d'un ami véritable. Reconnaissant, il fit ensevelir son cheval avec les honneurs militaires et fonda sur ce site la ville de Bucéphalie, qui fut pour toujours dédiée à son compagnon.



                                                          Récit tiré du livre 100 Chevaux de Légende (éditions Solar)







samedi 9 juin 2012

Mes deux mini billes de clown


Cela fait quelques temps que nous avons accueillis deux petites merveilles aux écuries. Deux poneys trop mignons, tous pitchounes avec leurs grands yeux et leurs minuscules petites oreilles. Deux bébés poneys de 2 et 3 ans, vraiment adorables. Bon, lorsqu'ils sont arrivés ils ne ressemblaient pas à grand chose, ils étaient tous maigrichons et ils avaient encore leur moche poil d'hiver.

Nous les avons laissés tranquilles quelques semaines, le temps de les vermifuger et de les remplumer un peu. Nous avons tout d'abord essayé de les insérer dans le groupe avec les grands poneys, mais les pauvres se sont fait agressés immédiatement et les autres étaient vraiment très méchants avec eux. Nous avons donc pris la décision de les laisser tous les deux et de leur faire un deuxième enclos. En gros, depuis qu'ils sont là, ils servent de tondeuse à gazon pour les abords de l'écurie et ils tiennent compagnie au gros St Bernard qui se trouve de l'autre côté des box. 

Ils sont aussi l'attraction du poney club tellement ils sont choupinoux. Tous les enfants veulent les voir, les caresser, les brosser, enfin bon... Les pauvres, si ça ne tenait qu'aux enfants, ils n'auraient pas une minute tranquille. C'est vrai qu'ils sont vraiment à croquer, en plus nous avons la chance qu'ils soient vraiment sociables et assez proche de l'homme. Bon, le petit bai est une vraie petite teigne, il s'échappe tout le temps, vous nargue quand vous lui courrez après et passe à côté de vous en ruant et en secouant la tête comme le ferait un chien qui joue avec son maître, mis à part que le chien écoute habituellement le maître... L'autre est plus timide, c'est le plus grand et aussi le plus jeune, il a un an de moins et il était vraiment très maigre en arrivant. Là il a bien grossi, et surtout il a poussé tout d'un coup, il a une belle robe alezan foncée et la tête presque noire. Il a une allure de mini cheval tellement il est élancé, un vraie petite gravure.

Nous les avons donc laissés tranquilles au maximum et ils se sont bien habitués au rythme des écuries, comme ils sont tous jeunes, ils ne commenceront vraiment à travailler que l'année prochaine. En attendant, nous avons commencé à les manipuler un peu pour qu'ils s'habituent gentiment à leur futur métier de poney d'école. Les premières fois que nous avons essayé de prendre les pieds du petit bai ça n'a pas été triste ! Il se mettait à gratter, une fois il s'est presque couché, et à plusieurs reprises il s'est carrément mis debout en s'appuyant sur la jambe que je tenais... Bon, comme il pèse trois cacahuètes et demies, ça m'a plus amusé qu'autre chose. On a répété l'exercice quelques fois et maintenant ça y est, il ne les donne pas non plus parfaitement, mais il veut bien nous faire l'honneur de nous les prêter quelques secondes. C'est déjà pas mal !

L'alezan est beaucoup plus docile mais cela n'empêche qu'ils ont tous les deux beaucoup de sang, à mon avis ce ne sera pas le genre de poney plan-plan qui se traîne au milieu de la carrière, je pense qu'il va falloir un peu s'accrocher ! D'ailleurs, un jour que j'avais un peu de temps, j'ai demandé à une de mes grandes élèves de venir pour commencer à les habituer un petit peu à la carrière. Nous les avons pris en licol simplement en y accrochant une paire de rênes sur les anneaux latéraux afin de leur apprendre à tourner et à s'arrêter. Avec une petite badine chacune pour leur apprendre le mouvement en avant. 

Nous voilà donc parties avec nos deux poneys en main dans la carrière à travailler "aux longues rênes" avec notre badine. Bon, alors évidemment la carrière ça n'est pas intéressant, il n'y a pas d'herbe et les copains sont de l'autre côté, il a donc déjà fallu une bonne dose de persuasion pour les faire avancer vers le fond alors qu'ils n'avaient qu'une envie : celle de ressortir. C'est justement cette envie de retourner vers l'entrée qui nous a servi à leur faire comprendre l'utilité des rênes et de la badine. Je ne sais pas combien d'aller-retour nous avons fait mais nous étions crevées, surtout mon élève qui avait vraiment toutes les peines du monde à contrôler la direction de son bolide, à tel point que s'il y avait eu des spectateurs, je pense qu'ils se seraient demandé qui des deux promenait l'autre... J'ai une petite idée mais je n'en dirai pas plus.

Nous avons fait beaucoup d'allers vraiment très lents, et nous avons également fait quelques retours beaucoup plus rapides que prévus... Ils sont petits mais costauds les bougres, deux ou trois fois ils se sont mis à jouer et alors que nous voulions simplement trotter ils sont partis en accélérant comme des petits fous au galop et en coups de cul. C'était vraiment trop mignon, mais il faut suivre quand même parce qu'un poney lancé ça ne s'arrête pas si facilement ! Comme ils étaient vraiment "sages" et assez coopératifs, nous en avons profité pour leur faire passer de petites barres et même un petit obstacle. Là pareil, nous avons failli finir au tas plus d'une fois parce qu'une fois qu'ils avaient sauté, ils partaient comme des petits cabris en coups de cul et au galop... Enfin bon, nous avons bien ri et les poneys ont tout de même, je pense, réussi à intégrer quelques notions telles que le fait de céder, de tourner, d'avancer et de s'arrêter. Bon avec toutes les approximations que vous imaginez tout de même hein, faut pas exagérer !

Après cette séance, nous les avons de nouveau laissés tranquilles un petit moment en leur posant tout de même sur le dos de temps à autres un cobaye passé par là (les enfants de la propriétaire du lieu) pour voir... Pas vraiment de réaction, donc c'était parfait ! Ensuite j'ai par deux fois fait monter le plus vieux des deux (la petite teigne) par des élèves un peu plus grands pour qu'il s'habitue à avoir un peu de poids sur le dos et pour qu'il ne puisse pas non plus faire n'importe quoi, enfin presque pas n'importe quoi... Les deux séances se sont passées dans un désordre plus ou moins organisé, mais je pense que ça lui a quand même permis de comprendre ce qu'il faisait là et cela m'a permis à moi, de voir qu'il n'avait vraiment pas une once de méchanceté. Il n'a jamais essayé de se débarrasser de son cavalier ; bon, il a essayé de lui mordre les pieds mais personne n'est parfait, il ne s'est pas couché ni emballé ni pointé ni roulé avec son cavalier sur le dos, il a plus ou moins essayé de comprendre ce qu'on lui voulait donc, vraiment, pas grand chose à lui reprocher. 

Voilà, et aujourd'hui j'ai donc pris la décision, vu que c'est la fin d'année et qu'il vont partir au pré pour deux mois, de leur mettre leur premier vrai cavalier sur le dos avec une selle, un tapis et tout et tout. Ils ont été adorables au brossage, la petite teigne s'est même laissée curer les pieds sans trop broncher (bon, c'est moi qui l'ai fait mais quand même !) et ensuite nous sommes partis à l'aventure dans la carrière. Les deux petites filles qui les montaient étaient accompagnées de deux grandes pour leur tenir les poneys. Et oui, parce que non seulement ce sont des bébés poneys, mais en plus les gamines ont à peine une année de pratique, elles se débrouillent bien mais elles ont l'habitude de monter mes deux mamies qui sont aussi tranquilles que des baleines échouées (enfin, à la maison hein, en concours ce sont deux furies...). Mais pourquoi leur faire monter si elles sont si "débutantes" ? Ben parce que ce sont les seules qui sont à leur taille et qui on des chances de rester dessus, tout simplement... Voilà voilà.

Evidemment nous n'avons travaillé qu'au pas et au trot, les grandes ont bien couru, les petites se sont bien marré et les poneys ont été adorables. Bon, heureusement qu'ils étaient tenus parce que certains coup de talons auraient pu poser quelques problèmes tout de même. La direction est loin d'être acquise mais il y a du progrès, le frein, c'est pas tout à fait ça, et l'accélérateur, ben ça dépend un peu du moment mais on voit qu'il y a de la ressource de ce côté là ! Nous leur avons même fait franchir une petite barre au trot et ils ont passé quelques minutes sans chaperon, au pas, "pour voir". Oui, je sais, je vis dangereusement... Mais il faut croire que les risques sont bien calculés car le drame n'a pas eu lieu ! Aucun n'est parti au triple galop vers la sortie en passant sous la barrière dans laquelle se seraient irrémédiablement encastrés le buste et la tête de leur cavalière... Nan mais je déconne hein, ils peuvent pas passer sous la barrière.

Voilà voilà, une petite balade au pas autour des écuries pour finir, et nous voilà rentrés après notre toute première journée de poneys d'école. J'en connais quelques un(e)s qui vont bien dormir ce soir...

vendredi 8 juin 2012

Le Grisou (Quel type de travail pour quel type de cheval ?)


Allez, je vous parle d'un autre de mes "pensionnaires". Un magnifique anglo par Zandor Z, pas très grand, assez compact avec un dos un peu "rigide", plutôt gras mais ce n'est pas rare pour les chevaux de sport, et de CSO en particulier et pour couronner le tout, fait en descendant.

Ce cheval s'est retrouvé sous mes fesses parce que son cavalier est un brillant étudiant qui n'a pas toujours le temps de monter ses chevaux régulièrement, surtout pendant les exams... Ce grisou là n'a aucun problème de cavalier, alors évidemment personne n'est parfait mais franchement, si tous les pro montaient aussi bien que lui, je pense que beaucoup de chevaux seraient très heureux ! 

La seule chose est que ce cavalier n'est pas vraiment versé "dressage", il est assez doué pour savoir utiliser ses chevaux sans chercher à les "modifier", du coup il ne se prend pas vraiment la tête avec ça. C'est un peu dommage mais du coup ça me laisse l'occasion de lui apporter un plus quand je travaille ses chevaux. Faut bien que je serve à quelque chose quand même !

Bon, ce cheval est assez compliqué parce qu'il est très asymétrique, il est purement gaucher, donc tout le temps incurvé à droite et pas qu'un peu ! De plus il est bourré de sang, assez caractériel et surtout d'une extrême susceptibilité. Tout pour plaire ! D'un autre côté, quand on sait le prendre, il essaie vraiment de vous faire plaisir.

Au box c'est un amour, un peu coquin et joueur mais super respectueux et câlin avec ça. Un petit amour de cheval de fille ! Une fois à cheval en revanche, c'est légèrement différent. Ce qui est très étonnant c'est qu'il est bourré de sang, et pourtant, il n'avance pas. Au pas, si vous le laissez faire, il marche à deux à l'heure, et au trot c'est encore pire, s'il pouvait reculer je pense qu'il le ferait... Et à l'autre bout c'est encore plus compliqué, sa bouche peut être aussi dure et morte qu'un bloc de béton, c'est d'ailleurs le cas la plupart du temps et surtout à main gauche. Mais comment faire ?

Déjà, au pas, il faut le faire marcher mais attention, sans le vexer hein, nan parce que si on exige au lieu de proposer c'est même pas la peine ! Monsieur se met debout, fait demi tour, jette le cul, enfin bon, tout sauf calme quoi... Oui, il peut rétiver si on le vexe, j'en ai fait l'expérience la première fois que je l'ai monté, depuis je lui dis "vous" et ça va beaucoup mieux. Il fait parti de cette catégorie de chevaux qui ne vous signent pas de chèque en blanc, il faut argumenter tout ce que vous faites, lui prouver le bien fondé de votre action, et c'est seulement là qu'il acceptera d'essayer à votre façon. Tout un programme, surtout qu'il ne souffre aucune contrainte au niveau de sa bouche, tout doit se passer dans la jambe et dans l'assiette, la main ne fait que suggérer par petites touches. Et oui, la bouche n'est pas si morte que ça en fait, elle est juste extrêmement soupçonneuse. Pas moyen de lui faire avaler n'importe quoi, pas d'action de main inconsidérée, de toutes façons, elle s'opposerait à une résistance complète.

En effet, quand ce grisou a décidé qu'il ne tournerait pas la tête, vous pouvez bien faire tout ce que vous voulez, si ce n'est pas la bonne chose vous obtiendrez, au mieux, rien et au pire, c'est à dire si vous utilisez la force, vous vous retrouverez le cul parterre après une bonne diagonale de ruades explosives. On n'exige rien d'un Prince messieurs dames !

Donc, depuis que je côtoie ce bel ombrageux, j'ai appris qu'il acceptait très bien qu'on exige de lui qu'il avance si on l'exigeait avec politesse. Je lui ai appris à accepter le stick (oui parce qu'au début un simple effleurement et c'était le drame international, l'incident diplomatique ! Monsieur se mettait dans tous ces états !), aujourd'hui il a compris le code et me fait le plaisir d'y répondre la plupart du temps d'une manière très satisfaisante. Pareil pour la jambe, il y était assez froid, il l'est toujours mais il commence à l'écouter un peu mieux. Voilà, donc la première chose a été de le faire avancer et de délier toute cette grosse mécanique un peu grippée afin d'aller vers le relâchement.

Là vous êtes en train de vous demander comment son cavalier le monte, lui, si moi j'ai tous ces problèmes ! Et bien je vais vous le dire, il y a deux choses ; déjà, et c'est un mystère que j'ai du mal a expliquer, lorsqu'il saute ce cheval n'est plus du tout le même. Il s'emploie beaucoup plus et beaucoup mieux, il devient léger du moment qu'on ne lui demande pas de revenir, c'est à dire : très peu de main. Et pour le reste, son cavalier ne lui demande rien, donc il le monte en le laissant très ouvert parce que ça ne porte pas à conséquence pour les concours. Seul le problème du virage à gauche reste, et oui, parce que même en concours, Monsieur ne se plie pas à gauche, donc lorsqu'un virage un peu serré à gauche se présente, il est rarement à l'abri d'une faute, c'est tout le problème, et l'unique problème en fait ! C'est là que j'essaie d'intervenir, comme je peux...

La première chose est de le faire avancer, ou plutôt, de le faire passer devant. On ne parle là pas de vitesse mais de propulsion, toujours la même. L'avantage de ce cheval, c'est qu'il a un dos tellement compact qu'il ne peut pas travailler creux, il peut juste ne pas travailler du tout. Bon, une fois devant, ce fut déjà un grand pas en avant, j'ai pu commencer à obtenir un contact avec la bouche, une bouche très résistante mais tout de même un peu plus moelleuse qu'au début. 

L'essentiel et le plus gros du travail avec lui s'effectue au pas, je le mets devant, ensuite je lui demande de vraiment contrôler ses épaules parce qu'en fait, il est continuellement effondré sur l'épaule gauche, d'où l'impossibilité de se plier (et donc encore moins de s'incurver) de ce côté là. J'ai donc passé beaucoup de temps au début à lui demander des petites cessions, quelques foulées d'épaules "en dehors" vu que j'étais à main droite et que je voulais que son épaule gauche reparte vers la droite. Quand j'étais à main droite je lui demandais des plis à gauche, contre incurvation etc... Et inversement à main gauche pour dédramatiser la situation, il trouvait donc la main droite légèrement inconfortable mais il était à main droite donc ça va, et à main gauche tout compte fait c'était pas si pire puisque je le pliais du côté où il était à l'aise. J'ai ainsi pu commencer à lui faire oublier cette "peur" de passer à main gauche où il anticipait et se contractait en s'arc boutant avec le bout du nez à droite contre vents et marées. Ce ne fut pas de la tarte, et ça n'en est pas encore aujourd'hui !

Petit à petit il a commencé à me faire confiance et à bien vouloir essayer de nouvelles choses que je lui demandais. Nous avons commencé les épaules en dedans et les cessions aux deux mains, toujours au pas, puis les huit de chiffres. Je crois que ça a été la plus grosse étape, le jour où il a compris comment passer d'une incurvation à l'autre juste en avançant un peu plus son postérieur sous la masse il a eu une sorte de déclic. Il s'est dit que même si c'était dur c'était quand même à sa portée. 

En effet, son cavalier l'a fait voir à moult dentistes, ostéopathes, vétérinaires qui n'ont rien pu faire à cette asymétrie, il est fait comme ça, c'est un sacré handicap donc il faut essayer de lui trouver des solutions pour qu'il obtienne un certain confort dans le travail.

Une de ces solutions, comme pour tous les autres, c'est l'engagement et la propulsion. Plus il engage ses postérieurs sous la masse, plus il arrive à alléger le poids qu'il a sur les épaules, et plus il trouve de confort dans l'incurvation et dans le travail en général. Étant donné qu'il est fait en descendant, je n'ai jamais trop cherché à lui refermer l'angle tête/encolure, cela aurait accentué encore plus son déséquilibre. D'autre part, il a vraiment de grosses ganaches avec une attache de tête assez épaisse, pas grand chose pour aider à la mise en main quoi !

Cependant, après quelques semaine de ce type de travail au pas, puis au trot, j'ai eu la surprise de le voir enfin se relâcher, se délier et... se mettre en main ! Alors évidemment ce n'est pas une mise en main très académique, il trouve pour l'instant le confort en maintenant un port de tête assez bas mais il reste néanmoins extrêmement léger et en équilibre. Il s'incurve très bien à droite, toujours avec plus de difficulté à gauche. De ce côté, il faut toujours l'aider à trouver la solution en lui demandant se passer son postérieur sous la masse avec la jambe et l'assiette. Parfois, en fin de travail, lorsque la mécanique est bien huilée, il trouve la solution tout seul. C'est fou la capacité qu'on les chevaux à trouver un équilibre, alors qu'ils n'ont physiquement rien qui les y aide, simplement avec de la justesse dans le travail.

Aujourd'hui il est capable de travailler en extension d'encolure parfaitement incurvé aux deux mains, il peut également exécuter de très jolies courbes serrées à gauche, mais pas systématiquement, il y a toujours un blocage quelque part. Cette épaule gauche lui échappe continuellement, et si le cavalier n'est pas là pour la rappeler à l'ordre, lui n'arrive pas à se corriger de lui même. Je ne travaille pas les figures avancées de dressage, car avec son physique, je pense que son moral ne le supporterait pas, ce serait beaucoup trop dur. Nous continuons donc sur les cessions, les épaules en dedans et les têtes au mur, parfois même nous nous aventurons sur quelques foulées d'appuyer car cela l'aide vraiment à contenir cette vilaine épaule même si ça le fait beaucoup râler. 

En ce qui concerne le travail au galop, nous avons beaucoup travaillé les départs qui étaient plus qu'approximatifs en faisant beaucoup de transitions montantes et descendantes en l'obligeant à continuer de pousser quelque soit l'allure. Il avait tendance à complètement s'ouvrir en partant, et surtout à partir dans un trot désordonné avant de prendre le galop, et dans les transitions descendantes il s'arrêtait net, en lâchant complètement le dos. Il se plantait littéralement dans le sable... Ensuite nous avons travaillé au contre galop, cela lui a fait énormément de bien, exactement pour les même raisons que je le travaillais en contre incurvation au début. Au galop à droite à main gauche il était content parce qu'il galopait à droite, et au galop à gauche à main droite, il était content parce qu'il tournait à droite ! L'art et la manière de brouiller les pistes !

En ce moment nous commençons à travailler les changements de pied, mais cette fichue épaule nous embête toujours. Il faut vraiment lutter pour que tout reste en place jusqu'au bout, et quand j'arrive à tout garder bien en place le changement de pied ne passe pas trop mal. Mais maintenant j'aimerais qu'il commence à mettre toutes ces choses en place de lui même, nous n'y sommes pas encore mais je ne désespère pas !

mardi 5 juin 2012

Quel type de travail pour quel type de cheval ?


Bon, en ce moment j'ai plusieurs chevaux au travail et ils sont tous très différents. J'ai une  toute jeune jument en début de travail qui est légèrement derrière la jambe, un hongre fait en descendant avec un dos assez compact et "dur", un entier très chaud qui travaille assez creux et le mien qui est à moitié rétif...

Je leur demande tous la même chose, c'est à dire d'être "en avant, calme et droit" comme dirait le Général l'Hotte mais cela ne se matérialise pas du tout de la même manière selon que je suis sur tel ou tel cheval, c'est vraiment intéressant.

Pour aujourd'hui nous allons parler de la jument, la plus jeune et d'ailleurs, certainement parce qu'elle est jeune, la plus facile. C'est une jument de 6 ans qui a été débourrée dans son année de 5 ans si j'ai bien compris, donc elle est toute verte et déjà très prometteuse. Lorsque je l'ai "récupérée" elle était très peu musclée, avec une encolure de cygne et une espèce de boule de muscle juste en arrière de la nuque car elle travaillait complètement enfermée et derrière la main. Elle avait très peu de dos et pas de croupe du tout. C'était une assez grande jument faite toute en hauteur, des grandes pattes, une grande tête et très peu de muscles.

Je l'ai pas mal regardé travailler avec sa cavalière, une cavalière de dressage d'une cinquantaine d'année qui avait très peur lorsqu'elle l'a achetée, et la première conclusion était que cette jument ne poussait pas. Elle était toujours en dedans de la main dans des allures très raccourcies et sans propulsion ce qui convenait très bien à sa cavalière étant donné que de cette manière elle obtenait un certain confort, totalement superficiel mais néanmoins appréciable pour quelqu'un qui a peur, la jument était légère (forcément) et elle n'allait pas trop vite (tu m'étonnes !).

Bon, donc la première chose que nous avons fait avant que je monte dessus fut de la travailler un peu différemment même si la cavalière a eu du mal à comprendre où je voulais en venir au départ. Heureusement j'ai la chance qu'elle me fasse assez confiance pour tenter le coup malgré ses réticences. Donc j'ai demandé à sa cavalière de l'ouvrir au maximum, c'est à dire de lui faire ouvrir l'angle tête/encolure tout en lui demandant un propulsion bien supérieure. La cavalière en est encore à peu près à ce stade avec beaucoup de progrès de la jument au niveau de la locomotion et de la mise en main, et maintenant nous allons parler du travail que je fais de mon côté.

La première fois que je suis monté dessus, j'ai eu l'impression d'être assise sur un éléphant, vous savez, ces sièges très en hauteur qui donnent le mal de mer tellement ça tangue. Très bizarre comme impression pour une jument qui a le dos plutôt creux. L'impression d'être perchée sur le garrot avec un dos inexistant, ou peut être un dromadaire, je ne sais pas... Ensuite il y avait deux choses vraiment dérangeantes, elle ne poussait pas un crayon, zéro propulsion et en plus elle refusait le contact. Le truc pratique, rien devant, rien derrière, ça commençait pas très bien ! A côté de ça, une petite jument adorable qui ne demande qu'à apprendre et très à l'écoute.

J'ai donc commencé par la base, la réponse à la jambe et la propulsion, c'est pas tout d'avancer, il faut avancer en poussant et non pas en se tractant (ça marche moins bien). Comme toujours avec ma badine, nous avons commencé par une petite leçon de jambe et la louloute a vite compris ce que je voulais, cependant elle cherchait constamment à s'enfermer. Dans tous les virages, et parce que sa cavalière le lui avait appris comme ça, elle se tordait : tête à l'intérieur, épaules qui s'échappent à l'extérieur et postérieurs à la traîne quand ils ne dérapaient pas carrément. La première séance a été compliquée car j'avais de gros problèmes de direction, en fait, vu qu'elle s'enfermait complètement, je n'avais aucun contrôle sur les épaules. Résultat j'avais une jument totalement flottante, aucune trajectoire précise et parfois de vraies mésententes, une jument qui tourne à gauche alors qu'on voulait aller à droite tout cela en s'effondrant sur son épaule extérieure... Le truc vraiment pas pratique ! En plus elle m'a fait un coup en traître, elle a eu peur lorsque j'ai voulu poser ma veste sur un chandelier, elle est partie comme une folle furieuse et j'ai dû lâcher ma veste en cours de route parce que j'ai bien cru qu'on allait traverser les barrières ! Depuis j'ai pris le temps de faire quelques séances de désensibilisation, ça fait vraiment pas de mal !

Les premières séances ont donc été consacrées à la mise en avant et à l'ouverture de l'angle tête/encolure afin d'améliorer la propulsion et la tension de la ligne du dessus. Il faut savoir que l'on contrôle bien mieux les épaules d'un cheval ouvert que d'un cheval enfermé. D'ailleurs, et tant qu'on y est, il est bien préférable d'avoir un cheval ouvert qui se propulse qu'un cheval "fermé" qui se traîne ce que beaucoup de cavaliers ont du mal à saisir. 

D'autre part, et c'est une chose essentielle, la mise en main n'est pas un moyen de travailler un cheval, c'est une conséquence d'un cheval bien travaillé. Donc, on peut très bien avoir une cheval "fermé" qui travaille mal et un cheval ouvert qui travaille bien, le premier tendra à se creuser de plus en plus et à perdre sa musculature, alors que le second finira par venir se mettre en main lorsque la musculature et la souplesse de son dos le lui permettront. 

Attention, on peut aussi très bien avoir un cheval ouvert qui travaille mal, mais il travaillera toujours mois mal qu'un cheval enfermé (à mon avis en tous cas). La clé c'est la propulsion et la tension de la ligne du dessus.

Au départ la jument avait déjà un joli trot, elle faisait bien illusion, en revanche, au galop ce n'était pas la même chose, elle galopait presque sur place en se raccourcissant, c'était vraiment très désagréable. Elle avait également cette attitude dans toutes ses transitions descendantes, elle lâchait la main et creusait le dos. Alors la cavalière était très contente car les transitions étaient assez nettes, c'est sûr puisque la jument se désengageait complètement et se "plantait" dans le sable immédiatement. D'un autre côté, pour repartir, c'était une autre paire de manches... 

Une fois la propulsion et l'attitude constante, nous avons donc travaillé ces transitions. L'important c'était de la garder ouverte et en avant même pendant la transition, dès qu'elle passait derrière je remettais des jambes pour la faire repartir et je redemandais plus loin. Pas question de lui laisser passer une transition dans laquelle elle ne se serve pas de ses postérieurs sous la masse pour "s'asseoir". 

Une fois les problèmes de rectitude et de propulsion endigués (je ne dis pas réglés car on n'a jamais assez de rectitude) nous nous sommes attaqués au dressage à proprement parler. Nous avons commencé quelques petits exercices d'assouplissement tels que l'épaule en dedans ou la contre incurvation. Nous avons commencé par la contre incurvation qui m'a été très utile pour augmenter la rectitude étant donné que la jument s'échappait toujours dans les virages avec son épaule extérieure. J'ai donc énormément travaillé en contre incurvation pour la remettre en ligne et augmenter la propulsion, car comme chacun sait, un cheval droit pousse beaucoup mieux qu'un cheval tordu. 

Pour expliquer un peu mieux au cas où ce ne soit pas très clair, un cheval incurvé a tendance a mettre le bout du nez trop à l'intérieur du cercle, c'est à dire qu'il n'est d'ailleurs plus incurvé mais tordu (souvent du fait du cavalier ne nous leurrons pas), ce qui provoque un dérapage du reste du corps et en particulier des épaules qui fuient à l'opposé. L'exercice de contre incurvation revient donc à faire l'inverse, sans tordre le cheval si possible, il consiste donc à mettre le bout du nez du cheval légèrement à l’extérieur ce qui aura pour effet de remettre les épaules dans l'axe du corps et donc d'améliorer la rectitude et par voie de conséquence, la propulsion.

Attention, dans tous ces exercices, l'importance de la rêne extérieure est primordiale (quand je dis extérieure, je parle par rapport à l'incurvation hein) ainsi que celle de la jambe intérieure (toujours pareil, intérieure à l'incurvation). La rêne intérieure ne sert qu'à emmener légèrement le bout de nez, la rêne extérieure quant à elle contrôle les épaules, c'est d'elle que dépend la réussite de la plupart des exercices de dressage à proprement parler. Lors d'un travail faisant appel à l'incurvation, c'est à dire pratiquement tous les exercices de dressage pur (épaule en dedans, tête au mur, appuyers et même pirouettes) le cheval se déplace entre la jambe intérieure et la rêne extérieure ou entre la rêne extérieure et la jambe intérieure selon le sens de déplacement, ce sont ses points de repères. Dans la plupart des cas, la rêne intérieure est un problème car trop employée, elle parasite la figure en tordant le cheval. En ce qui concerne la jambe extérieure, elle est là pour tenir ou pousser les hanches selon l'exercice. Bon, c'est un peu réducteur, mais les grands principes sont là me semble t'il.

Voilà, donc en ce qui concerne l'épaule en dedans, toute la difficulté tient dans le fait de tenir cette épaule extérieure qui ne cherche qu'à s'échapper pour retourner sur la piste. La première chose est de ne surtout pas laisser s'enfermer la jument parce que sinon là c'est perdu d'avance, ensuite il faut absolument garder la propulsion car fatalement, la difficulté de l'exercice aidant, l'impulsion va avoir tendance à diminuer fortement. 

En parlant de ça, je garde toujours en mémoire une des plus belles phrases que mon Mentor ait partagé avec moi : "On ne travaille que sur de l'impulsion créée". Autrement dit, on ne prend jamais sur l'impulsion naturelle du cheval pour faire un exercice, il faut créer de l'impulsion pour ensuite pouvoir la transformer en exercice. L'impulsion naturelle est une base qu'il faut toujours préserver, on ne doit jamais pomper dans cette ressource pour travailler, cela reviendrait à "dédresser" mot qu'une écuyère du Cadre Noir a prononcé il y a peu lors d'une discussion après un stage que j'ai eu la chance de faire avec elle.

Pour en finir avec l'épaule en dedans, il faut ensuite garder une bonne tension sur la rêne extérieure en gardant un angle correct, pas de tête tordue surtout et maintenir l'impulsion avec la jambe intérieure et l'assiette dans le sens du déplacement, enfin, tenir les hanches si besoin. Quelques foulées suffisent car on ne cherche pas la perfection, on cherche la compréhension. La jument doit juste comprendre comment utiliser son corps pour travailler dans le bon sens : tenir ses épaules, tenir ses hanches, continuer de pousser, rester dans l'axe, tendre son dos, chercher le contact avec la main du cavalier. Parfois on n'a pas tout en même temps, mais il est important de récompenser dès qu'on obtient une "composante" de plus, en essayant de ne pas perdre celles déjà acquises évidemment.

Lorsque la jument se relâche et que le contact devient plus moelleux tout en conservant la qualité de l'exercice c'est qu'on est vraiment très proche de ce que l'on cherchait.

Voilà, aujourd'hui nous en sommes au reculer car la cavalière avait envie que je travaille cela avec la jument, nous avons donc d'abord attaqué par de bons arrêts, car il n'y a pas de bon reculer sans bon arrêt cela va sans dire. Comme cela faisait un moment que je ne l'avais pas remontée, je l'ai d'abord remise un peu devant dans les transitions descendantes, elle avait de nouveau tendance à lâcher le dos. Une fois que j'ai obtenu de bons arrêts, droits, engagés et légers je lui ai demandé quelques pas de reculer. Evidemment, les premiers pas ont été plus que désordonnés, mais ce n'est pas grave, j'ai récompensé pour qu'elle comprenne que l'idée était la bonne, c'est à dire, se déplacer vers l'arrière.

Pour demander le reculer j'ai utilisé plusieurs choses, tout d'abord j'ai légèrement bloqué mes mains pour interdire le mouvement vers l'avant, j'ai changé l'orientation de mon buste et désengagé mon bassin puis j'ai demandé le mouvement avec mes jambes. L'orientation du buste est extrêmement importante, le fait d'engager le bassin, épaules derrière les hanches envoie le cheval vers l'avant. Le contraire a donc toutes les chances d'avoir l'effet inverse, et c'est bien le cas, voilà pourquoi il ne faut pas passer devant un cheval à l'abord d'un obstacle, cela éloigne le cheval de l'obstacle et l'on a donc toutes les chances de faire une belle georgette ou de provoquer le refus du cheval. Pour les matheux, il suffit de réfléchir en vecteurs de force, épaules derrières : la force pousse le cheval vers l'avant ; épaules devant : la force pousse le cheval vers l'arrière. Pas besoin d'exagérer hein, c'est très léger comme nuance !

La jument a d'abord beaucoup résisté sur la main en s'ouvrant beaucoup ce qui ne me dérange pas outre mesure, puis elle a ensuite désengagé l'arrière main en reculant ses pieds de manière totalement désordonnée. J'ai donc redemandé le mouvement en avant, un arrêt, puis de nouveau le reculer. Cette fois-ci elle a de nouveau beaucoup résisté devant mais n'a pas désengagé les postérieurs et elle a fait un pas de ce qui commençait à vraiment ressembler à du reculer. Nous avons répété quelques fois cela avec beaucoup de caresses dès qu'elle faisait un progrès, puis elle a fini par reculer deux pas sans résister et en conservant même une jolie mise en main avec un soupçon de relâchement. Nous sommes donc restées là dessus car c'était vraiment très satisfaisant pour une première leçon.

Prochaines séances : travail à l'obstacle sur un abord au trot pour développer le réflexe des antérieurs. La jument a fait son premier concours il y a quelques temps sur une bonne 1m, elle s'est vraiment super bien comportée surtout que c'était assez gros pour elle. J'étais vraiment contente mais elle a malheureusement fait deux petites fautes sur des abords un peu près par manque d'expérience. Nous allons donc essayer de l'aider à s'améliorer de ce côté là !


mardi 29 mai 2012

Attention ceci n'est pas un billet



Bon, je sais, je suis désolée mais l'inspiration me fait cruellement défaut, autant que la motivation d'ailleurs... 


Je suis juste venue là pour vous dire que le père Noël avait finalement décidé de me faire plaisir ... pour mon anniversaire. Et pour tout dire, c'est plutôt la mère Noël d'ailleurs !


Voilà, et je tiens à confirmer que cet objet est bien plus civilisé que son cousin germain :)


Si vous voulez savoir de quoi je parle il suffit de vous rendre  ^^




Merci Maman !!!

samedi 21 avril 2012

L'exercice de la semaine (obstacle)


Bon allez, comme j'ai pris la bonne résolution d'écrire un billet avant la fin des vacances, je m'y colle.

Voici donc l'exercice de la semaine, je l'ai utilisé toute la semaine et pour tous les niveaux, donc pour les faignants, à vos calepins !

Et comme je suis quelqu'un de bien, je vous ai même préparé un petit croquis, bon, c'est pas du grand art mais ça permet de comprendre je pense. Voici donc le dispositif, il suffit de mettre 4 verticaux et un oxer dans votre carrière : 


Attention, laissez la piste libre, ça évitera d'avoir à démonter les obstacles pour la détente. Vous pouvez commencer à sauter sur un obstacle isolé pour finir la détente, moi j'suis une dingue et surtout une heure ça passe super vite donc j'ai directement commencé sur l'exercice qui va suivre. Selon le niveau, adaptez la hauteur des obstacles, on peut même faire l'exercice les barres parterre pour les débutants. 

Moi j'aime bien commencer avec des barres à peine surélevées (20cm), même avec mes galop 7 pour qu'ils se préoccupent d'abord du tracé, ensuite je monte progressivement pour que l'exercice devienne vraiment compliqué à réaliser. Je précise, on ne sait jamais, que tous les obstacles sont appelés des deux côtés et que l'oxer est censé être carré, donc tous les obstacles se passent dans les 2 sens.


Voilà, donc ça c'est la première phase, à faire au galop (on peut adapter en le faisant au trot sans problème selon les niveaux) aux 2 mains , c'est pour ça qu'il y a 2 flèches, et non pas pour que chacun parte d'un côté et se télescope avec l'autre au milieu, je suis pas encore complètement ravagée. Donc pour que ce soit facile pour débuter, on passe derrière l'oxer, mais on essaie quand même de ne pas aller se perdre au fin fond de la carrière, c'est pas de la randonnée non plus ! 

On peut évidemment faire l'exercice sur les 2 autres verticaux à l'autre bout de la carrière, c'est juste que c'est exactement la même chose. Cependant, on peut imaginer cette solution pour les cavaliers qui auraient un cheval un peu particulier (suivez mon regard vers moi même...) qui aurait besoin d'avoir vu tous les obstacles (surtout si ils ont des vilaines couleurs qui font peur) avant de commencer... Oui, je sais, on est pas tous aidés...


Main droite

Ensuite, on continue sur un exercice légèrement plus compliqué qui consiste à enchaîner 2 verticaux en travaillant sur le cercle, aux 2 mains également. 

Attention, c'est généralement là que les premiers problèmes se posent car la plupart des cavaliers ont une notion très approximative du cercle, il faut le savoir. C'est à ce moment là qu'il s'agit de surveiller que le cavalier tourne régulièrement, et non pas par à coups avant et après l'obstacle, et qu'il tourne surtout en utilisant sa rêne extérieure et ses jambes (la rêne intérieure, généralement, il l'utilise bien assez, c'est pas la peine de la mentionner, faudrait même voire à l'oublier un peu d'ailleurs) pour que le galop reste régulier et que le cheval reste sur le bon pied. Il est possible de passer une séance rien que sur cet exercice tellement il peut poser de problèmes, surtout si vous n'êtes pas habitué à le pratiquer régulièrement.

Main gauche


Une fois  cet exercice acquis, on inclue l'oxer du milieu sur les cercles, même consignes mais va falloir les répéter, parce que plus y a d'obstacles sur la route, moi le cavalier reste concentré sur sa trajectoire, c'est mathématique.

Main droite
Main gauche

L'important dans cet exercice, c'est vraiment le regard. Le cavalier doit absolument anticiper et avoir le regard sur l'obstacle suivant dès l'abord du premier, l'orientation du corps est très importante pour que les courbes restent correctes.


Une fois cet exercice acquis et bien réalisé au 2 mains, on peut attaquer les choses sérieuses avec la totalité du dispositif : 





Il s'agit maintenant de travailler sur le 8 de chiffre en y incluant tous les obstacles, la plus grand difficulté va être le changement d'incurvation. Attention, si vous ou vos cavaliers  et chevaux n'avez pas déjà travaillé sur un 8 avec un seul obstacle au point de changement d'incurvation, ne faites pas cet exercice, il sera trop compliqué. Recommencez par la base, en décomposant. 

Pour les autres, attention, prenez en compte la pente de la carrière pour commencer à la main la plus facile. Vous remarquerez que si vous commencez à main droite comme sur le schéma, vous passerez l'oxer toujours dans le même sens, si votre carrière descend dans ce sens là (comme la mienne), commencez plutôt à l'autre main pour aider vos chevaux et vos cavaliers à se rééquilibrer en allant vers l'oxer. Une fois l'exercice bien exécuté, vous pourrez augmenter la difficulté en changeant de main pour passer l'oxer dans la "descente". Ne négligez pas cet aspect, même une pente minime influe énormément sur l'équilibre d'un cheval !

Voilà, si vous en êtes là et que vous n'avez eu aucune chute, aucune dérobade et des jolies courbes bien dessinées vous pouvez vous estimer très bon moniteur... et vous pouvez commencer à monter les barres ! 


A vous de jouer, j'attends les retours d'expérience avec impatience !




PS : Ne démontez pas trop vite le dispositif, il y a bien d'autres exercices à faire dessus :)



mardi 20 mars 2012

Travail sur les allongements


Aujourd'hui j'ai expérimenté un nouvel exercice pour travailler mes allongements au pas et au trot. Ayant un cheval avec un dos très long et une locomotion pas toujours très académique, j'ai un peu de mal avec les allongements. Oui, parce que comme il est très grand il ne sait pas toujours trop bien comment faire avec ses grandes pattes et parfois il s'emmêle un peu les pinceaux... Déjà il a tendance à ambler au pas, et au trot on peut dire qu'il lâche le dos à la moindre occasion, c'est pas non plus le roi de la concentration mais bon, ça c'est une autre histoire !

Je pense qu'il y a trois causes à mon problème, elles découlent de ce que je viens de dire. Mais avant tout je tiens à préciser que ce cheval a un très bon équilibre ce qui facilite quand même bien les choses même si à priori ça ne résout pas mon problème. Donc, les causes : 

Une légère ataxie : le syndrome du je sais pas trop bien où j'ai mis mes pattes là tout de suite.

Un manque flagrant de désir de se porter en avant en restant ordonné et cadencé découlant d'un léger manque d'impulsion couplé avec l'ataxie.

La capacité de concentration d'un poulpe hors de l'eau : non, je déconne, mais toutes les excuses sont bonnes pour se laisser distraire car monsieur a son petit caractère.

Voilà voilà, donc avec tout ça, ben débrouille toi ma grande.


Donc jusqu'à maintenant je travaillais sur les transitions pour que mon cheval acquière un meilleur équilibre et augmente sa propulsion, dès que je le sentais prêt je lui demandais un allongement au trot sur une longueur ou une diagonale, voire sur un grand cercle. Généralement, le départ de l'allongement était très bon mais la suite était généralement médiocre et la transition plutôt catastrophique en terme de fluidité et de souplesse du dos. 

Mes erreurs :

Un allongement trop long
Une demande trop forte pour maintenir l'allongement
Une perte d'équilibre progressive
Une reprise mal préparée suite à la désorganisation découlant de la durée trop importante de l'allongement.

A trop en vouloir on n'obtient pas grand chose... à part un certain agacement et surtout le découragement progressif du cheval qui n'arrive pas au bout de l'exercice.

Malheureusement pour moi, et surtout pour lui, le pauvre, je suis extrêmement têtue et exigeante. Je le suis avec moi même, avec mon entourage, avec mes élèves et ... avec lui, encore une fois, le pauvre. Ce qui est bizarre c'est que je ne le suis pas du tout avec les autres chevaux que je travaille, enfin du moins pas à ce point.

J'ai beau savoir qu'il n'a pas la même capacité de concentration que moi ou que tout être humain, il est capable d'une telle assiduité parfois que j'en attends toujours beaucoup trop. Ce n'est qu'un cheval, mais c'est mon cheval, il est parfait, beau, intelligent, et surtout beaucoup trop indulgent avec moi quand je lui en demande autant. Il n'est pas comme tous les autres qui vous envoient péter en vous décochant une méchante ruade ou qui vous font comprendre très clairement que si vous insistez ça va pas le faire du tout. Ces chevaux là je les comprend très bien, je ne lâche pas l'affaire mais j'en demande un peu moins parce qu'ils me font clairement comprendre qu'il ne sont pas capables de donner plus à ce moment précis.

Le mien non, quand il ne peut plus, il se réfugie dans une sorte de monde parallèle où je n'ai pratiquement plus de prise sur lui. Il fait la sourde oreille quoi, il fait le minimum tout en regardant ailleurs et ça a vraiment le don de m'exaspérer quand je le vois pointer ses trop mignonnes petites oreilles vers un endroit au loin alors que je suis en train de lui demander un exercice super compliqué qui demande toute la concentration possible... En gros, il se fout clairement de ma gueule mais avec son air de nounours innocent qui ne voit pas le problème, c'est encore plus énervant ! Résultat je finis par m'énerver et là, c'est le drame, parfois j'ai vraiment l'impression que ça l'amuse, on se bataille pendant une demie-heure et puis il finit par faire ce que je lui demande comme une fleur alors qu'il n'y avait pas moyen pendant toute la demie-heure précédente. Parfois j'ai l'impression qu'il me dit : "Tu vois, c'est moi qui décide, na !" 

Je crois que Monsieur est susceptible, et beaucoup plus intelligent qu'il voudrait bien nous le faire croire avec son air de gros bêta innocent... 


Bon, j'en reviens à mon exercice quand même, on n'a pas que ça à faire non plus !

J'ai d'abord fait ma détente en demandant un maximum de tension de la ligne du dessus même si je lui donnais la possibilité de descendre et d'allonger son encolure autant qu'il le désirait. Et à ma grande surprise, le fait de l'obliger à se tendre beaucoup plus que d'habitude l'a plus ou moins obligé à rester assez haut au début alors que d'habitude il descend très fort mais n'accepte que très peu de contact. Donc, en lui demandant de venir prendre du contact, je me suis rendu compte que lorsqu'il descend si bas, il ne se tend pas autant qu'il le devrait et mon travail n'est pas tout à fait juste. Il faudra que je veille à l'avenir à ne pas laisser cette partie de la détente durer trop longtemps et à rapidement lui demander un vrai contact et une tension supérieure de la ligne du dessus afin d'améliorer sa propulsion.

Après une bonne détente au trot, j'ai demandé quelques transitions dans l'allure sur des bouts de ligne droite, comme cela n'a pas donné grand chose je les ai demandées sur un grand cercle. Cela a pour avantage d'obliger le postérieur interne à s'engager, l'allongement est donc généralement de bien meilleure qualité. Je n'ai pas demandé de gros allongements, et j'ai fait beaucoup de transitions entre trot de travail, trot rassemblé et trot moyen toujours sur le cercle et aux deux mains. 

Lorsque j'ai été satisfaite du résultat j'ai félicité mon cheval en le laissant souffler quelques minutes à l'arrêt puis je suis repassée au pas. J'évite autant que possible de laisser marcher mon cheval au pas rênes longues ces derniers temps car cette allure est vraiment dégradée chez lui et je voudrais au maximum lui faire perdre cette mauvaise habitude d'ambler qu'il a depuis toujours. Son pas se dérègle extrêmement facilement et je n'arrive pas à lui faire conserver un pas à 4 temps égaux rênes longues, je commence à peine à y arriver au prix d'une grande concentration sur mon assiette et d'un contact constant et très élastique avec la bouche : c'est pas de la tarte le travail au pas !

Lorsque j'obtiens une bonne tension de dos, j'essaie de me relâcher au maximum pour demander mon allongement et je me concentre pour ne pas perdre le contact avec la bouche et surtout pour ne pas me contracter dans le bassin, ce qui a pour effet immédiat de lui bloquer le dos et de le faire ambler. Dans cet exercice, j'ai deux objectifs principaux : ne surtout pas perdre le contact (donc la propulsion : le cheval doit venir vers ma main et non pas l'inverse) et rester relâchée tout en ayant une assiette propulsive (action alternative d'une jambe sur l'autre, pareil pour le bassin qui avance à droite puis à gauche). Le pas est vraiment pour moi l'allure la plus compliquée à travailler mais je suis assez contente du résultat même si c'est au prix d'énormément de concentration et de travail sur moi.

Lors de la transition descendante j'essaie de rassembler mon cheval sans bloquer mon bassin, c'est le plus compliqué car conserver le balancier du bassin tout en freinant son cheval n'est pas une mince affaire. Ce n'est qu'à ce prix que je ne casse pas la souplesse du dos de mon cheval, et je dois dire que je suis très loin du compte pour l'instant !

J'attaque en suivant mon travail au galop après un arrêt pour laisser souffler et surtout décompresser ma monture, cette fois je ne demanderai pas d'allongement, plutôt un travail d'équilibre entre galop de travail et galop rassemblé en intercalant quelques pirouettes de travail pour l'équilibre. Le cheval fonctionne très bien au galop, c'est son allure favorite, celle dans laquelle il s'exprime le mieux et le plus facilement. C'est l'allure qu'il faudrait que j'utilise pour le faire décompresser quand un exercice se passe mal, malheureusement je n'y pense pas assez souvent. 

Comme cette allure lui convient, je lui demande un maximum de propulsion et d'équilibre pour préparer mes prochains allongements au trot. Il y a juste un petit défaut que je remarque sur mes pirouettes à droite, il ne tient pas tout à fait son épaule droite, je lui demande de faire un petit effort en le sanctionnant légèrement avec ma badine lorsque je la sens s'affaisser. Il répond bien et fait l'effort de bonne grâce en poussant plus avec son postérieur droit, cela a également pour effet d'améliorer son galop dans la pirouette qui avait tendance à se dégrader à cette main. Le travail est bon, je le laisse souffler. Ma détente est finie.

Mon exercice va maintenant consister à travailler mes allongements au trot en y intercalant des pirouettes ou des demies pirouettes au pas. Sur une diagonale débutée au pas, je demande une pirouette en essayant de conserver au maximum mes 4 temps égaux (c'est pas gagné !), en sortie de pirouette je demande le trot, un trot lent avec une propulsion maximum dans l'idéal, ensuite je demande quelques foulées d'allongement et dès que l'allure se dégrade, je demande une transition descendante au pas puis une demie pirouette, je repars dans l'autre sens sur la diagonale en alternant demande d'allongement et trot de travail uniquement. Après quelques répétitions, et malgré un pas pas toujours régulier, je sens mon cheval commencer à pousser plus fort dans son trot, et les premières belles foulées d'allongement arrivent, j'essaie de me contrôler pour demander ma transition descendante plus tôt que je ne le voudrais. 

L'intérêt de cet exercice pour moi est le fait que la diagonale est vraiment raccourcie si l'on y intègre une pirouette à l'entrée et à la sortie, cela m'oblige donc à ne demander que quelques foulées d'allongement avant ma transition au pas. Mon cheval se sent valorisé car l'exercice l'aide et ne lui demande pas un effort trop prolongé, sa concentration n'en est qu'améliorée puisqu'il est tout le temps sollicité sur un changement d'allure ou d'attitude. J'avais pris soin de prendre des morceaux de carotte dans ma poche afin de le récompenser et de l'encourager lorsqu'il réussirait un exercice, j'ai fait beaucoup de pauses afin de bien lui faire comprendre que j'étais satisfaite de lui à chaque fois que son allongement était de qualité. 

Il faudrait que je m'astreigne à faire plus de pauses, peut être devrais-je utiliser un chrono de complet qui bipe toutes les minutes afin de me rendre vraiment compte du temps de concentration que je demande à mon cheval, cela m'inciterait certainement à faire plus de pauses et à en demander moins.

Suite à cela j'ai trotté en extension d'encolure quelques foulées puis j'ai marché très longtemps rênes longues en essayant de me concentrer pour ne pas perdre mon pas (à la fin du travail c'est plus facile). Je pense que cette séance a été très bénéfique pour nous deux, ne reste plus qu'à ne pas oublier toutes mes bonnes résolutions...