AVERTISSEMENT

Je tiens à préciser pour les personnes qui auraient du mal à comprendre la démarche d’un blog (flatter l’égo démesuré de l’auteur, partager ses névroses, faire pleurer dans les chaumières, passer ses nerfs, raconter des conneries, informer un peu, se marrer beaucoup, toussa), que tout ce qui est écrit ici – non seulement n’engage que moi – mais surtout, que tout ce qui y est raconté est bien évidemment purement fictif. Par là j’entends que ces récits, satires, pamphlets, anecdotes (lorsqu’ils ne sont pas tirés d’ouvrages extérieurs) sont inspirés de faits réels mais sont, comme vous l’aurez tous compris, racontés à travers le filtre d’une imagination débordante et d’un esprit, je m’en excuse, légèrement névrosé.

mardi 5 juin 2012

Quel type de travail pour quel type de cheval ?


Bon, en ce moment j'ai plusieurs chevaux au travail et ils sont tous très différents. J'ai une  toute jeune jument en début de travail qui est légèrement derrière la jambe, un hongre fait en descendant avec un dos assez compact et "dur", un entier très chaud qui travaille assez creux et le mien qui est à moitié rétif...

Je leur demande tous la même chose, c'est à dire d'être "en avant, calme et droit" comme dirait le Général l'Hotte mais cela ne se matérialise pas du tout de la même manière selon que je suis sur tel ou tel cheval, c'est vraiment intéressant.

Pour aujourd'hui nous allons parler de la jument, la plus jeune et d'ailleurs, certainement parce qu'elle est jeune, la plus facile. C'est une jument de 6 ans qui a été débourrée dans son année de 5 ans si j'ai bien compris, donc elle est toute verte et déjà très prometteuse. Lorsque je l'ai "récupérée" elle était très peu musclée, avec une encolure de cygne et une espèce de boule de muscle juste en arrière de la nuque car elle travaillait complètement enfermée et derrière la main. Elle avait très peu de dos et pas de croupe du tout. C'était une assez grande jument faite toute en hauteur, des grandes pattes, une grande tête et très peu de muscles.

Je l'ai pas mal regardé travailler avec sa cavalière, une cavalière de dressage d'une cinquantaine d'année qui avait très peur lorsqu'elle l'a achetée, et la première conclusion était que cette jument ne poussait pas. Elle était toujours en dedans de la main dans des allures très raccourcies et sans propulsion ce qui convenait très bien à sa cavalière étant donné que de cette manière elle obtenait un certain confort, totalement superficiel mais néanmoins appréciable pour quelqu'un qui a peur, la jument était légère (forcément) et elle n'allait pas trop vite (tu m'étonnes !).

Bon, donc la première chose que nous avons fait avant que je monte dessus fut de la travailler un peu différemment même si la cavalière a eu du mal à comprendre où je voulais en venir au départ. Heureusement j'ai la chance qu'elle me fasse assez confiance pour tenter le coup malgré ses réticences. Donc j'ai demandé à sa cavalière de l'ouvrir au maximum, c'est à dire de lui faire ouvrir l'angle tête/encolure tout en lui demandant un propulsion bien supérieure. La cavalière en est encore à peu près à ce stade avec beaucoup de progrès de la jument au niveau de la locomotion et de la mise en main, et maintenant nous allons parler du travail que je fais de mon côté.

La première fois que je suis monté dessus, j'ai eu l'impression d'être assise sur un éléphant, vous savez, ces sièges très en hauteur qui donnent le mal de mer tellement ça tangue. Très bizarre comme impression pour une jument qui a le dos plutôt creux. L'impression d'être perchée sur le garrot avec un dos inexistant, ou peut être un dromadaire, je ne sais pas... Ensuite il y avait deux choses vraiment dérangeantes, elle ne poussait pas un crayon, zéro propulsion et en plus elle refusait le contact. Le truc pratique, rien devant, rien derrière, ça commençait pas très bien ! A côté de ça, une petite jument adorable qui ne demande qu'à apprendre et très à l'écoute.

J'ai donc commencé par la base, la réponse à la jambe et la propulsion, c'est pas tout d'avancer, il faut avancer en poussant et non pas en se tractant (ça marche moins bien). Comme toujours avec ma badine, nous avons commencé par une petite leçon de jambe et la louloute a vite compris ce que je voulais, cependant elle cherchait constamment à s'enfermer. Dans tous les virages, et parce que sa cavalière le lui avait appris comme ça, elle se tordait : tête à l'intérieur, épaules qui s'échappent à l'extérieur et postérieurs à la traîne quand ils ne dérapaient pas carrément. La première séance a été compliquée car j'avais de gros problèmes de direction, en fait, vu qu'elle s'enfermait complètement, je n'avais aucun contrôle sur les épaules. Résultat j'avais une jument totalement flottante, aucune trajectoire précise et parfois de vraies mésententes, une jument qui tourne à gauche alors qu'on voulait aller à droite tout cela en s'effondrant sur son épaule extérieure... Le truc vraiment pas pratique ! En plus elle m'a fait un coup en traître, elle a eu peur lorsque j'ai voulu poser ma veste sur un chandelier, elle est partie comme une folle furieuse et j'ai dû lâcher ma veste en cours de route parce que j'ai bien cru qu'on allait traverser les barrières ! Depuis j'ai pris le temps de faire quelques séances de désensibilisation, ça fait vraiment pas de mal !

Les premières séances ont donc été consacrées à la mise en avant et à l'ouverture de l'angle tête/encolure afin d'améliorer la propulsion et la tension de la ligne du dessus. Il faut savoir que l'on contrôle bien mieux les épaules d'un cheval ouvert que d'un cheval enfermé. D'ailleurs, et tant qu'on y est, il est bien préférable d'avoir un cheval ouvert qui se propulse qu'un cheval "fermé" qui se traîne ce que beaucoup de cavaliers ont du mal à saisir. 

D'autre part, et c'est une chose essentielle, la mise en main n'est pas un moyen de travailler un cheval, c'est une conséquence d'un cheval bien travaillé. Donc, on peut très bien avoir une cheval "fermé" qui travaille mal et un cheval ouvert qui travaille bien, le premier tendra à se creuser de plus en plus et à perdre sa musculature, alors que le second finira par venir se mettre en main lorsque la musculature et la souplesse de son dos le lui permettront. 

Attention, on peut aussi très bien avoir un cheval ouvert qui travaille mal, mais il travaillera toujours mois mal qu'un cheval enfermé (à mon avis en tous cas). La clé c'est la propulsion et la tension de la ligne du dessus.

Au départ la jument avait déjà un joli trot, elle faisait bien illusion, en revanche, au galop ce n'était pas la même chose, elle galopait presque sur place en se raccourcissant, c'était vraiment très désagréable. Elle avait également cette attitude dans toutes ses transitions descendantes, elle lâchait la main et creusait le dos. Alors la cavalière était très contente car les transitions étaient assez nettes, c'est sûr puisque la jument se désengageait complètement et se "plantait" dans le sable immédiatement. D'un autre côté, pour repartir, c'était une autre paire de manches... 

Une fois la propulsion et l'attitude constante, nous avons donc travaillé ces transitions. L'important c'était de la garder ouverte et en avant même pendant la transition, dès qu'elle passait derrière je remettais des jambes pour la faire repartir et je redemandais plus loin. Pas question de lui laisser passer une transition dans laquelle elle ne se serve pas de ses postérieurs sous la masse pour "s'asseoir". 

Une fois les problèmes de rectitude et de propulsion endigués (je ne dis pas réglés car on n'a jamais assez de rectitude) nous nous sommes attaqués au dressage à proprement parler. Nous avons commencé quelques petits exercices d'assouplissement tels que l'épaule en dedans ou la contre incurvation. Nous avons commencé par la contre incurvation qui m'a été très utile pour augmenter la rectitude étant donné que la jument s'échappait toujours dans les virages avec son épaule extérieure. J'ai donc énormément travaillé en contre incurvation pour la remettre en ligne et augmenter la propulsion, car comme chacun sait, un cheval droit pousse beaucoup mieux qu'un cheval tordu. 

Pour expliquer un peu mieux au cas où ce ne soit pas très clair, un cheval incurvé a tendance a mettre le bout du nez trop à l'intérieur du cercle, c'est à dire qu'il n'est d'ailleurs plus incurvé mais tordu (souvent du fait du cavalier ne nous leurrons pas), ce qui provoque un dérapage du reste du corps et en particulier des épaules qui fuient à l'opposé. L'exercice de contre incurvation revient donc à faire l'inverse, sans tordre le cheval si possible, il consiste donc à mettre le bout du nez du cheval légèrement à l’extérieur ce qui aura pour effet de remettre les épaules dans l'axe du corps et donc d'améliorer la rectitude et par voie de conséquence, la propulsion.

Attention, dans tous ces exercices, l'importance de la rêne extérieure est primordiale (quand je dis extérieure, je parle par rapport à l'incurvation hein) ainsi que celle de la jambe intérieure (toujours pareil, intérieure à l'incurvation). La rêne intérieure ne sert qu'à emmener légèrement le bout de nez, la rêne extérieure quant à elle contrôle les épaules, c'est d'elle que dépend la réussite de la plupart des exercices de dressage à proprement parler. Lors d'un travail faisant appel à l'incurvation, c'est à dire pratiquement tous les exercices de dressage pur (épaule en dedans, tête au mur, appuyers et même pirouettes) le cheval se déplace entre la jambe intérieure et la rêne extérieure ou entre la rêne extérieure et la jambe intérieure selon le sens de déplacement, ce sont ses points de repères. Dans la plupart des cas, la rêne intérieure est un problème car trop employée, elle parasite la figure en tordant le cheval. En ce qui concerne la jambe extérieure, elle est là pour tenir ou pousser les hanches selon l'exercice. Bon, c'est un peu réducteur, mais les grands principes sont là me semble t'il.

Voilà, donc en ce qui concerne l'épaule en dedans, toute la difficulté tient dans le fait de tenir cette épaule extérieure qui ne cherche qu'à s'échapper pour retourner sur la piste. La première chose est de ne surtout pas laisser s'enfermer la jument parce que sinon là c'est perdu d'avance, ensuite il faut absolument garder la propulsion car fatalement, la difficulté de l'exercice aidant, l'impulsion va avoir tendance à diminuer fortement. 

En parlant de ça, je garde toujours en mémoire une des plus belles phrases que mon Mentor ait partagé avec moi : "On ne travaille que sur de l'impulsion créée". Autrement dit, on ne prend jamais sur l'impulsion naturelle du cheval pour faire un exercice, il faut créer de l'impulsion pour ensuite pouvoir la transformer en exercice. L'impulsion naturelle est une base qu'il faut toujours préserver, on ne doit jamais pomper dans cette ressource pour travailler, cela reviendrait à "dédresser" mot qu'une écuyère du Cadre Noir a prononcé il y a peu lors d'une discussion après un stage que j'ai eu la chance de faire avec elle.

Pour en finir avec l'épaule en dedans, il faut ensuite garder une bonne tension sur la rêne extérieure en gardant un angle correct, pas de tête tordue surtout et maintenir l'impulsion avec la jambe intérieure et l'assiette dans le sens du déplacement, enfin, tenir les hanches si besoin. Quelques foulées suffisent car on ne cherche pas la perfection, on cherche la compréhension. La jument doit juste comprendre comment utiliser son corps pour travailler dans le bon sens : tenir ses épaules, tenir ses hanches, continuer de pousser, rester dans l'axe, tendre son dos, chercher le contact avec la main du cavalier. Parfois on n'a pas tout en même temps, mais il est important de récompenser dès qu'on obtient une "composante" de plus, en essayant de ne pas perdre celles déjà acquises évidemment.

Lorsque la jument se relâche et que le contact devient plus moelleux tout en conservant la qualité de l'exercice c'est qu'on est vraiment très proche de ce que l'on cherchait.

Voilà, aujourd'hui nous en sommes au reculer car la cavalière avait envie que je travaille cela avec la jument, nous avons donc d'abord attaqué par de bons arrêts, car il n'y a pas de bon reculer sans bon arrêt cela va sans dire. Comme cela faisait un moment que je ne l'avais pas remontée, je l'ai d'abord remise un peu devant dans les transitions descendantes, elle avait de nouveau tendance à lâcher le dos. Une fois que j'ai obtenu de bons arrêts, droits, engagés et légers je lui ai demandé quelques pas de reculer. Evidemment, les premiers pas ont été plus que désordonnés, mais ce n'est pas grave, j'ai récompensé pour qu'elle comprenne que l'idée était la bonne, c'est à dire, se déplacer vers l'arrière.

Pour demander le reculer j'ai utilisé plusieurs choses, tout d'abord j'ai légèrement bloqué mes mains pour interdire le mouvement vers l'avant, j'ai changé l'orientation de mon buste et désengagé mon bassin puis j'ai demandé le mouvement avec mes jambes. L'orientation du buste est extrêmement importante, le fait d'engager le bassin, épaules derrière les hanches envoie le cheval vers l'avant. Le contraire a donc toutes les chances d'avoir l'effet inverse, et c'est bien le cas, voilà pourquoi il ne faut pas passer devant un cheval à l'abord d'un obstacle, cela éloigne le cheval de l'obstacle et l'on a donc toutes les chances de faire une belle georgette ou de provoquer le refus du cheval. Pour les matheux, il suffit de réfléchir en vecteurs de force, épaules derrières : la force pousse le cheval vers l'avant ; épaules devant : la force pousse le cheval vers l'arrière. Pas besoin d'exagérer hein, c'est très léger comme nuance !

La jument a d'abord beaucoup résisté sur la main en s'ouvrant beaucoup ce qui ne me dérange pas outre mesure, puis elle a ensuite désengagé l'arrière main en reculant ses pieds de manière totalement désordonnée. J'ai donc redemandé le mouvement en avant, un arrêt, puis de nouveau le reculer. Cette fois-ci elle a de nouveau beaucoup résisté devant mais n'a pas désengagé les postérieurs et elle a fait un pas de ce qui commençait à vraiment ressembler à du reculer. Nous avons répété quelques fois cela avec beaucoup de caresses dès qu'elle faisait un progrès, puis elle a fini par reculer deux pas sans résister et en conservant même une jolie mise en main avec un soupçon de relâchement. Nous sommes donc restées là dessus car c'était vraiment très satisfaisant pour une première leçon.

Prochaines séances : travail à l'obstacle sur un abord au trot pour développer le réflexe des antérieurs. La jument a fait son premier concours il y a quelques temps sur une bonne 1m, elle s'est vraiment super bien comportée surtout que c'était assez gros pour elle. J'étais vraiment contente mais elle a malheureusement fait deux petites fautes sur des abords un peu près par manque d'expérience. Nous allons donc essayer de l'aider à s'améliorer de ce côté là !


mardi 29 mai 2012

Attention ceci n'est pas un billet



Bon, je sais, je suis désolée mais l'inspiration me fait cruellement défaut, autant que la motivation d'ailleurs... 


Je suis juste venue là pour vous dire que le père Noël avait finalement décidé de me faire plaisir ... pour mon anniversaire. Et pour tout dire, c'est plutôt la mère Noël d'ailleurs !


Voilà, et je tiens à confirmer que cet objet est bien plus civilisé que son cousin germain :)


Si vous voulez savoir de quoi je parle il suffit de vous rendre  ^^




Merci Maman !!!

samedi 21 avril 2012

L'exercice de la semaine (obstacle)


Bon allez, comme j'ai pris la bonne résolution d'écrire un billet avant la fin des vacances, je m'y colle.

Voici donc l'exercice de la semaine, je l'ai utilisé toute la semaine et pour tous les niveaux, donc pour les faignants, à vos calepins !

Et comme je suis quelqu'un de bien, je vous ai même préparé un petit croquis, bon, c'est pas du grand art mais ça permet de comprendre je pense. Voici donc le dispositif, il suffit de mettre 4 verticaux et un oxer dans votre carrière : 


Attention, laissez la piste libre, ça évitera d'avoir à démonter les obstacles pour la détente. Vous pouvez commencer à sauter sur un obstacle isolé pour finir la détente, moi j'suis une dingue et surtout une heure ça passe super vite donc j'ai directement commencé sur l'exercice qui va suivre. Selon le niveau, adaptez la hauteur des obstacles, on peut même faire l'exercice les barres parterre pour les débutants. 

Moi j'aime bien commencer avec des barres à peine surélevées (20cm), même avec mes galop 7 pour qu'ils se préoccupent d'abord du tracé, ensuite je monte progressivement pour que l'exercice devienne vraiment compliqué à réaliser. Je précise, on ne sait jamais, que tous les obstacles sont appelés des deux côtés et que l'oxer est censé être carré, donc tous les obstacles se passent dans les 2 sens.


Voilà, donc ça c'est la première phase, à faire au galop (on peut adapter en le faisant au trot sans problème selon les niveaux) aux 2 mains , c'est pour ça qu'il y a 2 flèches, et non pas pour que chacun parte d'un côté et se télescope avec l'autre au milieu, je suis pas encore complètement ravagée. Donc pour que ce soit facile pour débuter, on passe derrière l'oxer, mais on essaie quand même de ne pas aller se perdre au fin fond de la carrière, c'est pas de la randonnée non plus ! 

On peut évidemment faire l'exercice sur les 2 autres verticaux à l'autre bout de la carrière, c'est juste que c'est exactement la même chose. Cependant, on peut imaginer cette solution pour les cavaliers qui auraient un cheval un peu particulier (suivez mon regard vers moi même...) qui aurait besoin d'avoir vu tous les obstacles (surtout si ils ont des vilaines couleurs qui font peur) avant de commencer... Oui, je sais, on est pas tous aidés...


Main droite

Ensuite, on continue sur un exercice légèrement plus compliqué qui consiste à enchaîner 2 verticaux en travaillant sur le cercle, aux 2 mains également. 

Attention, c'est généralement là que les premiers problèmes se posent car la plupart des cavaliers ont une notion très approximative du cercle, il faut le savoir. C'est à ce moment là qu'il s'agit de surveiller que le cavalier tourne régulièrement, et non pas par à coups avant et après l'obstacle, et qu'il tourne surtout en utilisant sa rêne extérieure et ses jambes (la rêne intérieure, généralement, il l'utilise bien assez, c'est pas la peine de la mentionner, faudrait même voire à l'oublier un peu d'ailleurs) pour que le galop reste régulier et que le cheval reste sur le bon pied. Il est possible de passer une séance rien que sur cet exercice tellement il peut poser de problèmes, surtout si vous n'êtes pas habitué à le pratiquer régulièrement.

Main gauche


Une fois  cet exercice acquis, on inclue l'oxer du milieu sur les cercles, même consignes mais va falloir les répéter, parce que plus y a d'obstacles sur la route, moi le cavalier reste concentré sur sa trajectoire, c'est mathématique.

Main droite
Main gauche

L'important dans cet exercice, c'est vraiment le regard. Le cavalier doit absolument anticiper et avoir le regard sur l'obstacle suivant dès l'abord du premier, l'orientation du corps est très importante pour que les courbes restent correctes.


Une fois cet exercice acquis et bien réalisé au 2 mains, on peut attaquer les choses sérieuses avec la totalité du dispositif : 





Il s'agit maintenant de travailler sur le 8 de chiffre en y incluant tous les obstacles, la plus grand difficulté va être le changement d'incurvation. Attention, si vous ou vos cavaliers  et chevaux n'avez pas déjà travaillé sur un 8 avec un seul obstacle au point de changement d'incurvation, ne faites pas cet exercice, il sera trop compliqué. Recommencez par la base, en décomposant. 

Pour les autres, attention, prenez en compte la pente de la carrière pour commencer à la main la plus facile. Vous remarquerez que si vous commencez à main droite comme sur le schéma, vous passerez l'oxer toujours dans le même sens, si votre carrière descend dans ce sens là (comme la mienne), commencez plutôt à l'autre main pour aider vos chevaux et vos cavaliers à se rééquilibrer en allant vers l'oxer. Une fois l'exercice bien exécuté, vous pourrez augmenter la difficulté en changeant de main pour passer l'oxer dans la "descente". Ne négligez pas cet aspect, même une pente minime influe énormément sur l'équilibre d'un cheval !

Voilà, si vous en êtes là et que vous n'avez eu aucune chute, aucune dérobade et des jolies courbes bien dessinées vous pouvez vous estimer très bon moniteur... et vous pouvez commencer à monter les barres ! 


A vous de jouer, j'attends les retours d'expérience avec impatience !




PS : Ne démontez pas trop vite le dispositif, il y a bien d'autres exercices à faire dessus :)



mardi 20 mars 2012

Travail sur les allongements


Aujourd'hui j'ai expérimenté un nouvel exercice pour travailler mes allongements au pas et au trot. Ayant un cheval avec un dos très long et une locomotion pas toujours très académique, j'ai un peu de mal avec les allongements. Oui, parce que comme il est très grand il ne sait pas toujours trop bien comment faire avec ses grandes pattes et parfois il s'emmêle un peu les pinceaux... Déjà il a tendance à ambler au pas, et au trot on peut dire qu'il lâche le dos à la moindre occasion, c'est pas non plus le roi de la concentration mais bon, ça c'est une autre histoire !

Je pense qu'il y a trois causes à mon problème, elles découlent de ce que je viens de dire. Mais avant tout je tiens à préciser que ce cheval a un très bon équilibre ce qui facilite quand même bien les choses même si à priori ça ne résout pas mon problème. Donc, les causes : 

Une légère ataxie : le syndrome du je sais pas trop bien où j'ai mis mes pattes là tout de suite.

Un manque flagrant de désir de se porter en avant en restant ordonné et cadencé découlant d'un léger manque d'impulsion couplé avec l'ataxie.

La capacité de concentration d'un poulpe hors de l'eau : non, je déconne, mais toutes les excuses sont bonnes pour se laisser distraire car monsieur a son petit caractère.

Voilà voilà, donc avec tout ça, ben débrouille toi ma grande.


Donc jusqu'à maintenant je travaillais sur les transitions pour que mon cheval acquière un meilleur équilibre et augmente sa propulsion, dès que je le sentais prêt je lui demandais un allongement au trot sur une longueur ou une diagonale, voire sur un grand cercle. Généralement, le départ de l'allongement était très bon mais la suite était généralement médiocre et la transition plutôt catastrophique en terme de fluidité et de souplesse du dos. 

Mes erreurs :

Un allongement trop long
Une demande trop forte pour maintenir l'allongement
Une perte d'équilibre progressive
Une reprise mal préparée suite à la désorganisation découlant de la durée trop importante de l'allongement.

A trop en vouloir on n'obtient pas grand chose... à part un certain agacement et surtout le découragement progressif du cheval qui n'arrive pas au bout de l'exercice.

Malheureusement pour moi, et surtout pour lui, le pauvre, je suis extrêmement têtue et exigeante. Je le suis avec moi même, avec mon entourage, avec mes élèves et ... avec lui, encore une fois, le pauvre. Ce qui est bizarre c'est que je ne le suis pas du tout avec les autres chevaux que je travaille, enfin du moins pas à ce point.

J'ai beau savoir qu'il n'a pas la même capacité de concentration que moi ou que tout être humain, il est capable d'une telle assiduité parfois que j'en attends toujours beaucoup trop. Ce n'est qu'un cheval, mais c'est mon cheval, il est parfait, beau, intelligent, et surtout beaucoup trop indulgent avec moi quand je lui en demande autant. Il n'est pas comme tous les autres qui vous envoient péter en vous décochant une méchante ruade ou qui vous font comprendre très clairement que si vous insistez ça va pas le faire du tout. Ces chevaux là je les comprend très bien, je ne lâche pas l'affaire mais j'en demande un peu moins parce qu'ils me font clairement comprendre qu'il ne sont pas capables de donner plus à ce moment précis.

Le mien non, quand il ne peut plus, il se réfugie dans une sorte de monde parallèle où je n'ai pratiquement plus de prise sur lui. Il fait la sourde oreille quoi, il fait le minimum tout en regardant ailleurs et ça a vraiment le don de m'exaspérer quand je le vois pointer ses trop mignonnes petites oreilles vers un endroit au loin alors que je suis en train de lui demander un exercice super compliqué qui demande toute la concentration possible... En gros, il se fout clairement de ma gueule mais avec son air de nounours innocent qui ne voit pas le problème, c'est encore plus énervant ! Résultat je finis par m'énerver et là, c'est le drame, parfois j'ai vraiment l'impression que ça l'amuse, on se bataille pendant une demie-heure et puis il finit par faire ce que je lui demande comme une fleur alors qu'il n'y avait pas moyen pendant toute la demie-heure précédente. Parfois j'ai l'impression qu'il me dit : "Tu vois, c'est moi qui décide, na !" 

Je crois que Monsieur est susceptible, et beaucoup plus intelligent qu'il voudrait bien nous le faire croire avec son air de gros bêta innocent... 


Bon, j'en reviens à mon exercice quand même, on n'a pas que ça à faire non plus !

J'ai d'abord fait ma détente en demandant un maximum de tension de la ligne du dessus même si je lui donnais la possibilité de descendre et d'allonger son encolure autant qu'il le désirait. Et à ma grande surprise, le fait de l'obliger à se tendre beaucoup plus que d'habitude l'a plus ou moins obligé à rester assez haut au début alors que d'habitude il descend très fort mais n'accepte que très peu de contact. Donc, en lui demandant de venir prendre du contact, je me suis rendu compte que lorsqu'il descend si bas, il ne se tend pas autant qu'il le devrait et mon travail n'est pas tout à fait juste. Il faudra que je veille à l'avenir à ne pas laisser cette partie de la détente durer trop longtemps et à rapidement lui demander un vrai contact et une tension supérieure de la ligne du dessus afin d'améliorer sa propulsion.

Après une bonne détente au trot, j'ai demandé quelques transitions dans l'allure sur des bouts de ligne droite, comme cela n'a pas donné grand chose je les ai demandées sur un grand cercle. Cela a pour avantage d'obliger le postérieur interne à s'engager, l'allongement est donc généralement de bien meilleure qualité. Je n'ai pas demandé de gros allongements, et j'ai fait beaucoup de transitions entre trot de travail, trot rassemblé et trot moyen toujours sur le cercle et aux deux mains. 

Lorsque j'ai été satisfaite du résultat j'ai félicité mon cheval en le laissant souffler quelques minutes à l'arrêt puis je suis repassée au pas. J'évite autant que possible de laisser marcher mon cheval au pas rênes longues ces derniers temps car cette allure est vraiment dégradée chez lui et je voudrais au maximum lui faire perdre cette mauvaise habitude d'ambler qu'il a depuis toujours. Son pas se dérègle extrêmement facilement et je n'arrive pas à lui faire conserver un pas à 4 temps égaux rênes longues, je commence à peine à y arriver au prix d'une grande concentration sur mon assiette et d'un contact constant et très élastique avec la bouche : c'est pas de la tarte le travail au pas !

Lorsque j'obtiens une bonne tension de dos, j'essaie de me relâcher au maximum pour demander mon allongement et je me concentre pour ne pas perdre le contact avec la bouche et surtout pour ne pas me contracter dans le bassin, ce qui a pour effet immédiat de lui bloquer le dos et de le faire ambler. Dans cet exercice, j'ai deux objectifs principaux : ne surtout pas perdre le contact (donc la propulsion : le cheval doit venir vers ma main et non pas l'inverse) et rester relâchée tout en ayant une assiette propulsive (action alternative d'une jambe sur l'autre, pareil pour le bassin qui avance à droite puis à gauche). Le pas est vraiment pour moi l'allure la plus compliquée à travailler mais je suis assez contente du résultat même si c'est au prix d'énormément de concentration et de travail sur moi.

Lors de la transition descendante j'essaie de rassembler mon cheval sans bloquer mon bassin, c'est le plus compliqué car conserver le balancier du bassin tout en freinant son cheval n'est pas une mince affaire. Ce n'est qu'à ce prix que je ne casse pas la souplesse du dos de mon cheval, et je dois dire que je suis très loin du compte pour l'instant !

J'attaque en suivant mon travail au galop après un arrêt pour laisser souffler et surtout décompresser ma monture, cette fois je ne demanderai pas d'allongement, plutôt un travail d'équilibre entre galop de travail et galop rassemblé en intercalant quelques pirouettes de travail pour l'équilibre. Le cheval fonctionne très bien au galop, c'est son allure favorite, celle dans laquelle il s'exprime le mieux et le plus facilement. C'est l'allure qu'il faudrait que j'utilise pour le faire décompresser quand un exercice se passe mal, malheureusement je n'y pense pas assez souvent. 

Comme cette allure lui convient, je lui demande un maximum de propulsion et d'équilibre pour préparer mes prochains allongements au trot. Il y a juste un petit défaut que je remarque sur mes pirouettes à droite, il ne tient pas tout à fait son épaule droite, je lui demande de faire un petit effort en le sanctionnant légèrement avec ma badine lorsque je la sens s'affaisser. Il répond bien et fait l'effort de bonne grâce en poussant plus avec son postérieur droit, cela a également pour effet d'améliorer son galop dans la pirouette qui avait tendance à se dégrader à cette main. Le travail est bon, je le laisse souffler. Ma détente est finie.

Mon exercice va maintenant consister à travailler mes allongements au trot en y intercalant des pirouettes ou des demies pirouettes au pas. Sur une diagonale débutée au pas, je demande une pirouette en essayant de conserver au maximum mes 4 temps égaux (c'est pas gagné !), en sortie de pirouette je demande le trot, un trot lent avec une propulsion maximum dans l'idéal, ensuite je demande quelques foulées d'allongement et dès que l'allure se dégrade, je demande une transition descendante au pas puis une demie pirouette, je repars dans l'autre sens sur la diagonale en alternant demande d'allongement et trot de travail uniquement. Après quelques répétitions, et malgré un pas pas toujours régulier, je sens mon cheval commencer à pousser plus fort dans son trot, et les premières belles foulées d'allongement arrivent, j'essaie de me contrôler pour demander ma transition descendante plus tôt que je ne le voudrais. 

L'intérêt de cet exercice pour moi est le fait que la diagonale est vraiment raccourcie si l'on y intègre une pirouette à l'entrée et à la sortie, cela m'oblige donc à ne demander que quelques foulées d'allongement avant ma transition au pas. Mon cheval se sent valorisé car l'exercice l'aide et ne lui demande pas un effort trop prolongé, sa concentration n'en est qu'améliorée puisqu'il est tout le temps sollicité sur un changement d'allure ou d'attitude. J'avais pris soin de prendre des morceaux de carotte dans ma poche afin de le récompenser et de l'encourager lorsqu'il réussirait un exercice, j'ai fait beaucoup de pauses afin de bien lui faire comprendre que j'étais satisfaite de lui à chaque fois que son allongement était de qualité. 

Il faudrait que je m'astreigne à faire plus de pauses, peut être devrais-je utiliser un chrono de complet qui bipe toutes les minutes afin de me rendre vraiment compte du temps de concentration que je demande à mon cheval, cela m'inciterait certainement à faire plus de pauses et à en demander moins.

Suite à cela j'ai trotté en extension d'encolure quelques foulées puis j'ai marché très longtemps rênes longues en essayant de me concentrer pour ne pas perdre mon pas (à la fin du travail c'est plus facile). Je pense que cette séance a été très bénéfique pour nous deux, ne reste plus qu'à ne pas oublier toutes mes bonnes résolutions...



lundi 19 mars 2012

Dressage, subjectivité et injustice


Bon, n'étant pas une grande dresseuse de concours dans l'âme, c'est un monde que je découvre un peu plus à chaque fois que j'ai l'audace de m'engager dans cette discipline.

Tout d'abord il faut savoir qu'en dressage ce n'est pas du tout pareil qu'en CSO: par exemple, en CSO, vous avez un maximum de 6 épreuves par jour sur un même terrain avec quelque chose comme 60 à 90 engagés par épreuve selon les limitations. Oui, parce qu'en saut d'obstacle on est obligé de limiter le nombre de participants par épreuves sinon on s'en sort plus et on finit en nocturne vers 2h du mat'. 

En dressage, c'est pas tout à fait pareil, en ce qui concerne le nombre d'épreuves cela peut varier autour d'une quinzaine par jour, voire beaucoup plus. Pour le nombre de partants on oscille entre 3 et 15 au mieux, et quand on est à 15, pfiou ! Y a de la concurrence ! En ce qui concerne l'ambiance c'est... Comment dire... Hem... Calme ? Ennuyeux ? Mortel ? Fin bon, vous avez saisi l'idée je pense. 

Le bon côté, c'est que quand on arrive sur le parking avec le camion, et ben pour une fois, on a l'embarras du choix. On peut se mettre où on veut, dans le sens qu'on veut et en plus on peut s'étaler. On peut accrocher ses chevaux n'importe où, on en fout partout, les protections de transport d'un côté, les seaux d'eau de l'autre, le foin, le matos, le grain, les couvertures, la table de camping pour le pique-nique, fin tout quoi. On fait comme chez mamie, c'est super !

Le mauvais côté c'est que tout le monde se connaît, enfin, tout le monde connaît tout le monde, sauf nous... Ce qui fait qu'on est un peu les vilains petits canards du concours quoi ! Bon, faut dire aussi qu'on arrive avec nos chevaux de CSO, nos selles de pas dressage du tout, moi j'ai presque une sangle bavette histoire d'en rajouter une couche... Et puis bon, sans déconner, je vais pas découper les arrêtoirs de mes rênes juste pour leur faire plaisir hein, j'fais comment après pour ma martingale moi ?!

Nan mais on a fait des efforts hein, nos chevaux étaient piontés, toilettés, sabots graissés, tapis blancs et tout le tralala. On est un minimum consciencieuses quand même, mes coéquipières et moi... Et même qu'on sait faire du trot assis aussi, et même que moi mon cheval il fait aussi des appuyers, des changements de pied et des beaux arrêts bien carrés, oui oui, j'vous jure c'est vrai ! 

Fin bon, à priori, il faut savoir que l'aura de dresseur y fait un peu pour les notes aussi... Bon, je voudrais fâcher personne hein, mais on se rend bien compte qu'il est plus facile de mettre une bonne note à quelqu'un qu'on connaît plutôt qu'à quelqu'un qu'on ne connaît pas, c'est moche mais c'est comme ça... Enfin, il ne faut pas généraliser hein, mais bon, il se trouve que c'est moyen discret sur le protocole de notation quand 3 juges sur 5 mettent des notes au ras des pâquerettes, alors que les deux autres classent le même cavalier respectivement 3ème (sur 9) et premier. Bon, c'était pas moi, mais ça fout un peu les boules pour la copine quand même, et puis c'est moyen crédible. Le mec qui met un 8 à un mouvement alors qu'un autre met 4... Bon, je veux bien que la perspective ne soit pas la même selon la position du juge mais quand même, l'écart de 4 c'est juste pas possible à moins d'avoir de la merde dans les yeux hein.

Sinon y a aussi les classements aléatoires, genre y a deux ex aequo en 3ème place, et ben en fait le dresseur il est 3ème et puis toi t'es 4ème, c'est comme ça, tu sais pas pourquoi, t'as exactement la même note mais non, t'es pas 3ème aussi, t'es 4ème, c'est mieux. 

Et puis après, comme si ça suffisait pas, comme si on n'avait pas assez de handicaps comme ça, y a le vent qui s'y met... Bon, le vent il était déjà là hein, mais au moment où tu passes, et ben il décide de faire chier le vent, il renverse le pot de fleurs de justement là où t'es en train de passer, et puis après il fout la barrière par terre, et la barrière elle tombe pas à l'extérieur hein, non, ça serait trop simple, non, elle tombe à l'intérieur, sur la piste de là où tu dois passer avec les pieds de ton cheval qui est déjà super trouillard de naissance... Nan et puis c'est pas tout, y a encore la porte de la tribune du juge qui s'envole à moitié au moment où t'arrives dessus, alors toi tu la vois, mais ce qui est bien, c'est que ton cheval il est déjà tellement occupé à avoir la trouille de tout le reste que pour une fois, et ben il voit même pas le problème... Nan parce que lui il est déjà en train de regarder le reste de la barrière en train de se casser la gueule à l'autre bout de la longueur, donc bon, à la fin ta carrière elle est juste plus du tout rectangulaire et quand tu lis le protocole on t'explique que ça manque de rectitude... Bon, comment vous dire messieurs dames les juges, je vous aime bien mais faudrait quand même pas trop la ramener là !

Alors les juges ils sont super sympas hein, à la fin ils s'excusent de ce bordel que le vent a foutu parce que c'est quand même pas les meilleures conditions (Ah bon ? Sans déconner ?!) et puis ils te disent que t'as super bien géré, que tu as monté avec beaucoup de tact, c'est même écrit sur les protocoles hein, ils sont sympas, par contre les notes c'est pas pareil, c'est pas pareil du tout même ! Alors je comprends parfaitement qu'on ne peut pas noter un mouvement dans ce bordel, mais à ce moment là, on sonne, on remet en ordre, et puis on recommence non ? Fin moi j'aurais fait comme ça si j'avais été juge, mais faut croire que ça marche pas comme ça en fait. Voilà voilà. 

Tout ça pour dire que, comme toute activité artistique, le jugement est vraiment extrêmement subjectif. On a beau avoir des axes de notations et des observables bien précis, à la fin du compte, le juge il fait ce qu'il veut puisque personne ne va pouvoir regarder par dessus son épaule et vérifier ce qu'il dit. Surtout dans ce type d'épreuves basiques où il n'y a pas vraiment d'enjeu. Il faut le savoir et en prendre son parti sous peine d'être extrêmement déçu, c'est l'jeu ma pauv' Lucette !

En ce qui me concerne et à la fin du compte, je suis extrêmement contente de mon cheval qui s'est très bien comporté malgré tout ce qui a pu arriver autour de lui et je suis aussi très contente du travail de mes coéquipières qui ont vraiment fait de bonnes prestations en accord avec leur niveau et qui ont vraiment bien géré les défauts et qualités de leurs montures. Nous avons également passé une bonne journée autour de nos chevaux, et même si les résultats espérés n'étaient pas au rendez-vous, l'expérience apportée lors de telles journées est toujours extrêmement constructive pour peu que l'on ne se laisse pas décourager par les notes.


Brève de concours


Bon, ce week-end j'étais en concours, de dressage, sur la côte...


Magnifique me direz vous ! La belle vie ! Le soleil ! Toussa !


Oui, alors bon, en fait non, en fait l'équation : 


Dressage + vent + lices et pots de fleurs qui tombent = reprises toutes pourries


Qu'on se le dise.

vendredi 16 mars 2012

Le monde des courses et de l'entraînement


Bon, ne vous faites pas trop d'idées, je n'y connais presque rien, mais par la force des choses je cohabite plus ou moins avec. Grâce à une de mes élèves, j'ai pu participer il y a peu à un entraînement de chevaux de courses, j'en profite donc pour vous faire partager ma petite expérience.

Tout d'abord, ce qui m'a toujours frappé dans ce monde c'est l'organisation et la rigueur, il y a tout un tas de codes et d'étapes à respecter. Je n'en connais pas la moitié, mais c'est évident, lorsque l'on observe un minimum le fonctionnement de ce type d'écuries, que tout est organisé et presque minuté : la journée, l'équipement, le programme d'entraînement, la composition des lots, les pistes, et tout le reste.

J'ai donc été invitée à participer à un petit entraînement et pour vous donner un ordre d'idées j'étais attendue pour 6h45 du matin. Imaginez vous que quand je suis arrivée les box étaient déjà faits, les écuries balayées, etc... Oui, j'ai de la chance ! Il n'y avait plus qu'à seller et partir.

Avant cela et pour vous donner une petite idée de ce à quoi ressemble une écurie de ce type, je vais vous décrire un peu ce que j'ai vu. 

Les écuries sont situées sur un domaine appartenant à la société des courses, donc, d'après ce que j'ai compris, la plupart des entraîneurs sont locataires de leurs box. Du moins à l'intérieur du domaine, car tout autour il y a un certain nombre d'écuries portant le nom de l'entraîneur  qui y officie et dont certains sont très connus, ceux là sont donc propriétaires de leurs murs.

A proximité du domaine il y a le "Foyer des Lads", j'ai l'impression que ça fonctionne un peu comme un internat, ce sont essentiellement des jeunes qui veulent faire ce métier et qui sont donc formés et logés sur place. J'imagine qu'il y a une formation théorique à L'AFASEC en plus. Il y a également un autre foyer plus petit au milieu des dizaines de rangées d'écuries où l'on peut prendre un café et peut-être déjeuner, je ne sais pas trop car je n'ai jamais eu l'occasion d'y entrer.

Dans le domaine, les écuries sont donc organisées en allées d'une demi-douzaine de box prolongées par un bâtiment "de stockage" qui fait toute la longueur de toutes les écuries et qui sert à entreposer l'équipement, le grain, les fourrages et tout ce dont on peut avoir besoin. Chaque alvéole forme donc une sorte de U avec 6 box de part et d'autre et une ouverture sur le bâtiment de stockage au fond, bâtiment qui ouvre lui même de l'autre côté sur un parking où sont garés les camions, vans, voitures de tous les professionnels qui travaillent dans ces écuries.

En ce qui concerne les écuries, elles ressemblent à nos écuries de sport mais en beaucoup mieux rangé et organisé. Pour les différences, car il y en a tout de même une ou deux de notables en plus de la propreté et de l'organisation, les box mesurent minimum 3.50m x 3.50m si ce n'est pas un peu plus, et il n'y a pas d'abreuvoir automatique, ni d'abreuvoir tout court d'ailleurs dedans. En effet, à priori, il est important que les chevaux ne boivent pas un certain temps avant un entraînement ou une course (il faudra d'ailleurs que je demande pourquoi).

Tous les chevaux sont sur copeaux et si vous voulez voir à quoi ressemble un vrai box fait "en  bateau" comme dans les livres, n'hésitez pas à aller jeter un oeil si vous en avez l'occasion. Le copeau remonte à 50cm sur les bords du box afin que le cheval ne puisse pas se coincer contre la paroi s'il se roule et afin d'éviter les blessures sur les membres. Le foin est donné en filets à foin accrochés à la porte, il attend les chevaux à leur retour de l'entraînement, ainsi qu'un seau d'eau tempérée.

Maintenant, en ce qui concerne la manière de seller, on ne fait pas n'importe quoi. Tout d'abord on accroche systématiquement le cheval dans le box avec son licol, même s'il est gentil qu'il ne bouge pas et tout le tralala, on s'en fout on fait comme ça, point. Ensuite, on trimbale son matériel sur un tréteau ou un chariot de box en box, chacun à son matériel à soi que l'on transfère d'un cheval sur l'autre, enfin, là où j'étais, peut être que c'est différent ailleurs. Dans le matériel, il y a un sac de pansage avec tout ce qu'on connaît de basique : cure pied, étrille, bouchon, brosse douce ;  mais il y a une chose essentielle en plus : le chiffon. Attention, le coup de chiffon est o-bli-ga-toire à la fin du pansage, c'est comme ça et on y tient. Il y avait également une paire de gant dans mon sac, j'avais les miens mais j'imagine que c'est important d'en avoir ça c'est sûr !

Ensuite, attention pour seller il y a tout un tas de truc à mettre sur le dos du cheval :

1° Serviette (genre de torchon en coton blanc)
2° Tapis (le même que vous et moi)
3° Couvre rein (Très léger)
4° Tapis en feutre (Très épais avec renfort au garrot)
Selle (là j'ai eu le droit de mettre la mienne, ouf !) 

Et parfois, avant le 1°, et c'est ce qui c'est passé avec mon deuxième cheval, il faut mettre un tapis en mousse découpé pour les garrots fragiles, les mêmes que l'on connaît mais plutôt fabrication maison et qui fait vraiment la taille d'un tapis, pas un pad de garrot quoi.

Ensuite on met le filet, normal, mais attention, on n'attache pas le licol autour du coup hein, on est pas au poney club ! Bon, ok. On douche un peu les jambes pour ramollir l'argile et c'est bon.

Et nous voilà partis, enfin presque, parce qu'on ne monte pas à cheval en mettant le pied à l'étrier ici. In-ter-dit ! Ça c'est con parce que je sais pas monter autrement moi, heureusement il y a un billot au bout de l'allée mais c'était pas gagné quand même, j'ai réussi à me débrouiller pour le premier cheval (un 5 ans) mais pour le second j'ai un peu triché... Bon, comme il avait 10ans ça craignait pas grand chose !

Et oui, parce que sur les pistes, la majorité des chevaux ont entre 3 et 5 ans. J'ai donc monté des chevaux d'âges, les chevaux que l'on met devant pour guider les jeunes. Oui, oui, mon 5ans était bien considéré comme un vieux par les autres. Nous voilà donc partis, moi devant avec mon vieux cheval de 5ans, tout mou (à priori pas fait pour les courses) et les jeunes derrière. On fait d'abord deux tours d'écuries sur le dur, on ressangle, ensuite on rejoint les pistes où on fait un aller retour sur une piste de trot d'environ 100m. Je vous rassure, on n'est pas tous seuls sur les pistes, chaque écurie a des lots d'une dizaine voire d'une vingtaine de chevaux et chacune a son programme d'entraînement. Pour nous aujourd'hui c'est récup' parce qu'il y a eu une grosse séance hier. Tant mieux parce que je ne me sens pas trop à l'aise avec ces chevaux qui se raidissent sur la main et vers le bas dès que l'on tend légèrement les rênes, point de décontraction de la mâchoire et de flexion d'encolure ici ! N'en cherchons pas.

Après cet aller-retour au trot nous nous dirigeons au pas vers la piste de galop de chasse en repliant de couvre-rein sur notre selle et en le coinçant sous les étrivières. C'est une piste ovale, très courte, je dirais pas plus de 200m voire moins et le sable est assez profond, elle est utilisée pour le galop de récupération j'imagine. Il faut savoir que toutes les pistes sont bordées de lices, sur celle ci il y en avait une à l'intérieur et un talus formait la "lice" extérieure. J'ai remarqué que ces chevaux adoraient "s'appuyer" sur la lice intérieure à mon grand désarroi, l'incurvation ne faisant pas trop partie du vocabulaire utile ici, la sensation est assez désagréable. Comme mon premier cheval était vraiment pépère, ce premier galop a été très agréable, il est parti un peu fort car il y avait un autre lot sur la piste et je sentais bien qu'il avait envie de les rattraper mais j'ai fait bien attention de ne pas lui donner de point d'appui afin qui ne commence pas à débouler à Mac2 sans que je ne puisse plus l'arrêter. Il faut savoir que ces chevaux sont tellement "raides" dans leur façon d'être mis, qu'une fois partis, ce n'est plus la peine d'essayer de les arrêter, leur encolure ressemble à un tronc d'arbre et ça ne freine pas et ça ne tourne pas plus ! Donc, mieux vaut ne pas jouer... Heureusement, celui-ci répondait assez bien à la voix, ça aide un peu.

Pour le second, cela a été légèrement plus mouvementé, j'imagine qu'avec l'âge leur bouche se durcit un peu, et là, j'avais vraiment la sensation qu'aucune de mes actions de main n'avait une quelconque influence sur ma monture, enfin, il faisait le minimum syndical diront nous, mais c'est parce qu'il était sympa et qu'il en avait envie surtout. Nous avons donc fait notre aller retour au trot, il était un peu plus allant que le 5ans alors c'était agréable, puis nous sommes partis sur la piste de galop de chasse mais cette fois-ci je n'étais plus devant mais en seconde position. Et là, ce n'est pas pareil, car leur esprit de cheval de course a vite fait de reprendre le dessus... J'ai quand même tant bien que mal réussi à le garder derrière malgré une ou deux accélération en sortie de courbe où il a tenté de démarrer, il était très joyeux et ne s'est pas privé de le montrer en m'envoyant un bon paquets de ruades dès qu'il voulait démarrer ! J'ai dû user de tout mon savoir faire pour le garder à sa place, actions de main discontinues (surtout pas de point d'appui malheureuse !) et surtout serrage de genoux pour essayer de bloquer un peu le mouvement des épaules (on s'en sert en dressage pour les transitions descendantes alors pourquoi pas ?) et la voix mais ça marchait pas trop sur lui ça.  Il a finit par m'envoyer un florilège de ruades très bien exécutées juste avant que l'on repasse au trot et au pas, l'entraîneur a trouvé ça très drôle, moi aussi je dois dire, mais je ne pense pas que je le ferais tous les jours quand même !

Pour finir et après avoir déssanglé d'un trou et replié le couvre-rein sur le rein des chevaux et non sur la croupe entière, nous sommes allés sur une "piste" de pas, pour les marcher, il y en a tout un tas, ce sont des pistes rondes de la taille d'un marcheur, licées à l'intérieur avec un sol un peu dur. Et oui, parce qu'on ne marche pas n'importe où ici, chaque chose à sa place voyons ! J'ai l'impression que chaque entraîneur en a une dédiée car nous sommes allées sur la même les deux fois et les autres lots on fait de même. C'est là que l'on voit le cheval de course ressortir, s'il pouvait marcher en raclant la lice il le ferait, il fallait que je lui fasse violence pour qu'il s'en écarte un peu et toujours pas d'incurvation, vous imaginez bien ! En revanche ici on ne marche pas à deux à l'heure hein, on a un pas actif. Et lorsqu'il faut que ça aille plus vite on te dit "Fais marcher" ou bien "Fais trotter", ça veut dire "Avance un peu bon sang !". Fin voilà, je ne sais pas combien de tours on a pu faire, mais ça m'a paru vraiment très long, et je me suis dit que j'aimais mieux ma technique un peu moins organisée d'aller marcher dans le cross ou dans les bois au grès de mes envies et de celles de mon cheval. Mais bon, en même temps, ce que l'on peut faire tout seul, on peut difficilement le faire à 50, ça serait vite le bazar, surtout avec de très jeunes chevaux !

Nous sommes ensuite rentrés aux écuries, et je vais en profiter pour vous parler des portails électriques, en effet, les pistes sont fermées, il y a des portails qui s'ouvrent et se ferment au grès des passages. Il y a donc quelques mètres avant un portail, un pilier avec un buzzer ou bouton poussoir si vous préférez (rouge pour pas le louper) que vous actionnez pour pouvoir entrer, et quelques mètres après il y en a un autre pour refermer. C'est le dernier du lot qui l'actionne. Super moderne, et pratique. 

Avant de rentrer aux écuries, on fait encore un tour ou deux des bâtiments sur le dur, puis on descend, on enlève rapidement la selle puis on douche les membres et le passage de sangle. Encore deux petits tours de "parking à benne à fumier" juste devant en main puis c'est le retour au box où le foin et l'eau qu'un lad a disposé à notre départ attendent. Un coup de brosse et de chiffon o-bli-ga-toire et c'est bon. La journée est finie pour eux, elle va commencer pour moi, et il reste encore 3 lots à sortir pour mes compagnons du jour !

Avant de vous laisser, juste un petit mot sur les sensations. Nous n'avons pas fait de vrai galop, je crois qu'ils appellent ça le canter ici, du coup ce n'était pas vraiment nouveau pour moi étant donné que je me suis déjà fait quelques fois le plaisir de laisser mon cheval partir au triple galop dans les plaines ou dans des pare feu jusqu'à en avoir les larmes aux yeux  à cause du vent tellement nous allions vite. Cependant, je dois avouer que ces chevaux, de par leur équilibre extrêmement longitudinal, dégagent une impression de force incontrôlable et de puissance que l'on ne connaît pas sur nos chevaux de sport très souples et relâchés. J'ai vraiment eu la sensation très désagréable de n'être que passagère et de n'avoir que très peu d'influence sur ce qui pouvait se passer sous mes fesses. J'imagine que c'est également dû au fait que je n'ai pas tous les codes pour gérer de tels chevaux, et je pense qu'avec du métier les sensations sont toutes autres mais pour autant, je dois dire que le charme d'un cheval incurvé et relâché m'attire plus que la sensation grisante de vitesse.

lundi 13 février 2012

Le coup de froid


Voilà l'article sur le coup de froid, c'est vraiment très vieillot, mais il y a toujours de bonnes choses à prendre dans les recettes de grand-mères, alors à vous de vous faire une idée !


Chez le cheval, le "refroidissement" ressemble beaucoup à celui de l'homme.


Origine :

Maladie virale et, tout comme chez l'homme, il y aurait de nombreuses souches de virus.


Symptômes :

Semblables à ceux de l'homme : lassitude, inappétence, frissons, poussées thermiques (39°5 à 40°) et accélération du pouls (50-60). On observe habituellement un écoulement nasal muco-purulent sans que les ganglions soient atteints.


Traitement :

Le fait important qu'il ne faut pas oublier est que cette maladie est très contagieuse et peut rapidement se propager dans toute l'écurie. La première des choses est d'isoler complètement le cheval malade. Il faut ensuite s'attacher à lui prodiguer certains soins comme le couvrir et lui bander les membres (les extrémités se refroidissent très facilement), il est également bon d'aérer le local sans créer de courant d'air pour autant et il est utile de le mettre à la diète légère (mashes et foin).

Le vétérinaire vous conseillera probablement un électuaire contenant un fébrifuge et une série d'injections antibiotiques pour arrêter toute invasion bactérienne secondaire. Tout comme chez l'homme, le cheval a la gorge douloureuse et une toux rauque. Et il est hors de doute qu'un électuaire approprié étalé sur la langue deux ou trois fois pas jour aura un effet salutaire. Il y a des propriétaires qui tiennent l'administration d'électuaires pour une méthode surannée mais il y a de vieux traitements qui doivent encore être recommandés. Il semble bien que les meilleurs résultats s'obtiennent en associant les anciens traitements aux thérapeutiques modernes.

La maladie évoluant, la décharge nasale s'installe, ce qui cause une gêne certaine au cheval qui retirera alors grand bénéfice de fumigations deux fois par jour. On fait fumer un cheval en utilisant un vieux sac avec de nombreux trous ouvrant largement vers le bas pour faciliter le passage de l'air. On place un peu de foin dans le fond du sac et on verse dessus des essences balsamiques ou de l'huile d'eucalyptus. On verse ensuite de l'eau bouillante sur le tout et des vapeurs médicamenteuses s'élèvent. On maintient la tête du cheval dans le sac. Il sera obligé de respirer les vapeurs, de mauvaise grâce d'ailleurs, mais ce faisant les sécrétions nasales s'éliminent et la respiration s'en trouve facilitée. Pendant tout le temps que dure la fumigation, il faut rester auprès du cheval, au cas où l'animal serait pris de panique ou éprouverait une gêne quelconque. (De nos jours il existe des masques de fumigations avec des cartouches déjà toutes prêtes, je pense que le progrès c'est pas mal non plus !)

Deux fois par jour, fermer toutes les fenêtres, enlever toutes les couvertures et les bandages, faire un pansage correct et remettre ensuite couvertures et bandages.

Tout ceci a le même effet tonique sur le cheval qu'un bon bain sur un malade qui garde le lit et joue un rôle important dans la guérison.


Combien de temps nécessite la convalescence ?

L'évolution de cette maladie s'étale en moyenne sur dix jours. Ce qui veut dire que le cheval doit être soigné et mis au repos pendant au moins quinze jours. Après, reprise graduelle du travail pour arriver à la vie normale au bout de huit à dix jours. Il peut arriver que la toux persiste pendant des mois, ce qui ne signifie pas pour autant que le cheval soit devenu poussif, mais, tant que cette toux persiste, le cheval ne doit pas travailler.

La même chose peut s'observer après une atteinte de gourme. Les deux affections, le coup de froid et la gourme, ont en commun la faculté de provoquer de sévères pharyngites ou laryngites qui demandent beaucoup de temps pour disparaître. Il peut arriver que la pharyngite et la laryngite nécessitent, au cours d'accès aigus, une trachéotomie d'urgence, pour permettre au malade de respirer librement durant la convalescence.



Bon, vous conviendrez que toutes les idées ne sont pas à reprendre, mais j'aime bien l'idée des couvertures et bandages pour rester bien au chaud, du pansage revitalisant, et il m'arrive d'utiliser les huiles essentielles d'eucalyptus lorsque la paille du box de mon cheval est un peu trop poussiéreuse à mon goût.

Voilà, voilà ! 

vendredi 10 février 2012

La Gourme, c'est moche !


Suite à un commentaire de Victoria, j'ai retrouvé dans un de mes bouquins du fin fond de ma bibliothèque "équine" ("Le cheval et ses maladie" que vous trouvez en lien dans mon onglet : "Les indispensables de l'Homme de Cheval") tout plein d'infos sur cette vilaine maladie qui peut toucher nos chevaux. J'ai donc décider des les partager avec vous en me disant que ça pourrait sûrement servir ! Attention, l'édition de mon bouquin date de 1998 donc il se peut que les traitements aient un peu évolués aujourd'hui, de toutes façons l'avis d'un vétérinaire est obligatoire lorsque l'on est confronté à ce type d'affection.


La gourme est provoquée par le développement d'un germe générateur de pus, le Streptococcus equi. C'est une maladie très contagieuse (qui fait sans doute suite à une atteinte virale) et elle peut se répandre comme le feu dans une écurie, un centre équestre, voire une prairie.


Symptômes


Les premiers signes sont identiques à ceux du coup de froid : lassitude, inappétence, température élevée, pouls accéléré.

Toutefois, dans la gourme, l'écoulement nasal est précoce et, d'entrée, purulent. Des grumeaux de pus peuvent être observés au niveau des naseaux.

Il y a toujours une inflammation de la gorge et le cheval peut avoir du mal à déglutir. Au bout de peu de temps, la ganglions lymphatiques de la tête s'hypertrophient. Les ganglions les plus couramment atteints sont ceux situés entre les deux angles de la mâchoire inférieure (l'auge). Mais les glandes parotides, voisines de la base de l'oreille, peuvent également être touchées. Les ganglions sont alors oedématiés et douloureux à la palpation. Ils peuvent s'abcéder



Dans de rares circonstances, d'autres ganglions lymphatiques des autres organes peuvent réagir : on parle alors de "gourme généralisée".


Traitement


Il faut respecter les même principes que ceux préconisés pour le traitement du coup de froid (oui, du coup je vais y consacrer un autre article, ça vient !), mais, avec la gourme, l'isolement doit être rigoureux et absolu. De plus, les instruments utilisés pour le pansage ou l'alimentation doivent être désinfectés deux fois par jour et toute la litière enlevée des écuries devrait être brûlée. Des mashes rafraîchissants ou des barbotages sont encore plus nécessaires que dans le coup de froid en raison de l'atteinte laryngée (votre cheval a très mal à la gorge).

Les fumigations sont également des plus utiles dans la gourme et doivent être faites au moins deux fois par jour. Après chacune d'elles, il est bon de nettoyer les naseaux et de les enduire de vaseline. On fera, deux fois par jour, des compresses d'eau salée chaude sur les ganglions réagissants (une cuillerée à soupe de sel pour quatre litre d'eau), ce qui facilitera et abrégera d'abcédation si elle doit avoir lieu. Vous pouvez savoir quand l'abcès est mûr en percevant la zone molle sous votre doigt (oui je sais c'est dégueu, mais c'est comme ça qu'on fait...). Il est évident que l'amélioration suit rapidement la ponction et le drainage du pus.

Image des HN (article sur la gourme)

Abcès percé (signe d'amélioration en vue)

Dans la grande majorité des cas, les abcès gourmeux sont limités à la région de la tête mais, dans la gourme généralisée, il peuvent apparaître dans n'importe quelle région du corps où il y a un ganglion lymphatique (face interne ou externe des membres, ganglions mésentériques, foie, reins, etc.).

Dans le cas où cette abcédation erratique se produit, l'issue fatale peut être à redouter. Heureusement, le recours aux antibiotiques modernes a rendu exceptionnelle la mort des suites de la gourme. Un traitement antibiotique est indispensable et il est important de le démarrer au plus tôt, dès les premiers signes, surtout si on a appris que la gourme sévit dans la région.


Prévention


Il existe des vaccins contre la gourme : les résultats sont variables. De toutes façons, comme dans toute vaccination, il faut une quinzaine de jours pour créer un rempart immunitaire.





Voilà, j'espère ne jamais avoir affaire à cette maladie, c'est vraiment pas drôle pour eux... Bon courage à Victoria et à sa jument.

jeudi 9 février 2012

Un lien, des photos, le Jumping de Bordeaux


Comme vous ne le savez sûrement pas, je suis allée au Jumping de Bordeaux le week-end dernier afin d'assister entre autre à l'avant dernière étape Coupe du Monde de CSO. 

Que dire excepté que ce fut un magnifique spectacle, organisation parfaite, exposants nombreux, produits innovants, pistes sublimes, chevaux exceptionnels et cavaliers époustouflants ! 

J'aurais adoré vous poster quelques photos, mais mon pauvre Reflex non professionnel n'a pas été à la hauteur de mes espérances, et les flashes étant interdits (bien que certains ne l'aient pas encore compris), les photos que j'ai pu prendre ne rendent pas grand chose d'intéressant...

Pour me faire pardonner, je vous mets le lien d'un site (Taussat Beach Pictures) que j'ai découvert sur lequel vous pourrez voir quelques clichés pris lors des épreuves. Vous pouvez également regarder le replay de l'étape Coupe du Monde (tapez Jumping Bordeaux dans la barre de recherche pour trouver plus rapidement, pas moyen d'avoir un lien direct) qui nous aura tenu en haleine jusqu'à la dernière minute et dont le dénouement ne manquera pas de vous faire sourire, voire sauter au plafond pour les plus fervents admirateurs d'un certain cavalier d'acier.

J'ai également assisté à l'épreuve de puissance du vendredi soir que j'ai trouvé extrêmement intéressante du fait qu'elle se courait sur un vertical et non sur un mur comme on aime à le faire. J'ai trouvé que ce choix était plus que jamais d'actualité car il est bien plus proche d'une équitation raisonnée qui évolue dans le "sens du cheval". Pour moi, le choix du mur sonnait comme une menace pour le cheval qui ne voyait pas de l'autre côté et qui était impressionné par cette obstacle massif sur lequel il avait très certainement l'impression qu'il pourrait se faire mal (bien que ce ne soit pas le cas étant donné qu'il était depuis bien longtemps composé de petites briques d'aggloméré). 

A Bordeaux, le choix a été fait de travailler sur un vertical plus ou moins "appelé" par un gros sous bassement rouge : 


Comme vous le constatez, cette obstacle est bien "oreillé" ce qui veut dire qu'il est bien encadré par de gros chandelier qui permettent au cheval de se sentir appuyé et amené vers son obstacle. Deuxième chose, le sous-bassement rouge est bien visible et un peu avancé par rapport aux barres ; on dit que l'obstacle est "appelé", il aide le cheval à se reculer de son obstacle afin de l'aider à prendre sa battue d'appel à l'endroit le plus adéquat pour réussir son saut. Les couleurs choisies sont des couleurs que le cheval distingue très bien de part leur contraste (rouge/blanc). Enfin, le choix de mettre des barres permet au cheval de voir de l'autre côté, ce qui a pour effet de beaucoup moins l'inquiéter, les barres utilisées sont d'autre part plus légères que la moyenne et sont posées sur des fiches de sécurité qui se déboîtent en cas de problème.

Le fait que le cheval puisse voire de l'autre côté a donc pour effet de le rassurer, mais également de moins l'impressionner, il aura donc tendance à prendre moins de marge de sécurité pour sauter. Le cheval sait que les barres tombent, il n'a donc pas "l'obligation" de passer au dessus, il le fait s'il le peut et s'il le veut uniquement. D'autre part, l'obstacle était orienté vers la sortie afin d'aider encore le cheval à aller vers sa barre et l'épreuve était "bridée" à 4 barrages + 1 bonus. Toutes ces choses font que j'ai trouvé cette épreuve extrêmement pédagogique et intéressante, elle a vraiment été pensée en "Homme de Cheval" et grâce à cela le spectacle a été magnifique.

Nous avons vus quelques chevaux impressionnés à partir d'1.90m dont un qui s'est arrêté devant la barre. Après une caresse et les encouragements de son cavalier et pour ne pas rester sur un échec (très mauvais pour le moral du cheval) il y est allé tout de même. La barre est tombée mais son cavalier l'a vraiment récompensé d'avoir essayé. Ensuite, il y a eu deux autres catégories de chevaux : 

Les guerriers : ceux qui y seraient allé coûte que coûte quelle que soit la hauteur, certains de leurs cavaliers ont fait le choix de les arrêter en cours de route malgré leur réussite au barrage précédent. J'ai trouvé cela vraiment extraordinaire vu l'enjeu ; le respect et la connaissance de leur cheval font vraiment de ces cavaliers des gens exceptionnels. Bravo à eux.

Les indifférents : pour moi ce sont les chevaux les plus impressionnants, et celui qui a gagné fait partie de cette catégorie. Jusqu'à 2.10m on ne l'a pas vu sourciller, il est allé sur sa barre comme s'il y avait 1.20m à sauter. On aurait presque eu l'impression qu'il nous disait : 

"Non mais vous n'avez que ça à me mettre sous les sabots ? Franchement, c'est ridicule..."

On l'a en effet vu commencer à se poser des questions autour de 2.10m et il a fait la faute à 2.15m (le barrage bonus). Je ne sais pas si c'est une bonne chose pour lui de l'avoir poussé jusque là. J'ai l'impression que ce qui fait la force de cette catégorie de chevaux, c'est justement le fait qu'ils se sentent invincibles. Il ne faudrait pas que le fait de lui avoir prouvé le contraire lui ait fait perdre cette grande force morale. Cependant  j'imagine que si son cavalier a estimé qu'il pouvait se le permettre c'est qu'il connaît assez bien son cheval pour se dire que cela ne porte pas à conséquence. Je crois qu'à sa place je serais aller ressauter un "petit" obstacle d'1.30m au paddock en sortant de piste pour rassurer mon cheval ou un truc du genre (c'est d'ailleurs peut-être ce qu'il a fait).

Nous avons également assisté à 2 belles chutes de cavaliers (sans gravité). Evidemment, vous devez bien vous rendre compte qu'on ne saute pas 2m comme ça ! Ça secoue un petit peu quand même, et le cheval vous envoie tellement en l'air que parfois on ne retombe pas tout à fait "en face" de sa selle, ce qui peut parfois se terminer par une séparation de corps. Une troisième chute a été évitée de justesse, le cavalier étant resté bien accroché à l'encolure de sa monture avant de se remettre en selle. 

Voilà, ce fut donc un Jumping de Bordeaux riche en émotions et en rebondissements (c'est le cas de le dire). Une petite photo du vainqueur de la puissance à 2.10m pour finir : 

Marc Dilasser et sa monture Non Coupable sur 2.10m


Et pour vous donner un petit aperçu de l'envergure et de la hauteur de l'obstacle :

Non non, ce ne sont pas les gens qui sont petits, je vous rassure...

Voilà voilà, je n'ai malheureusement pas eu le temps d'assister à la coupe du monde d'attelage et de voltige mais j'imagine que le spectacle a également été à la hauteur de l'évènement. Tout ça pour dire que si vous en avez l'occasion et qu'une étape de la coupe du monde passe près de chez vous, n'hésitez pas à aller y faire un tour, vous ne serez pas déçus !