AVERTISSEMENT

Je tiens à préciser pour les personnes qui auraient du mal à comprendre la démarche d’un blog (flatter l’égo démesuré de l’auteur, partager ses névroses, faire pleurer dans les chaumières, passer ses nerfs, raconter des conneries, informer un peu, se marrer beaucoup, toussa), que tout ce qui est écrit ici – non seulement n’engage que moi – mais surtout, que tout ce qui y est raconté est bien évidemment purement fictif. Par là j’entends que ces récits, satires, pamphlets, anecdotes (lorsqu’ils ne sont pas tirés d’ouvrages extérieurs) sont inspirés de faits réels mais sont, comme vous l’aurez tous compris, racontés à travers le filtre d’une imagination débordante et d’un esprit, je m’en excuse, légèrement névrosé.

samedi 14 juillet 2012

Le Cheval et le Loup

Fable VIII livre cinquième


Un certain Loup, dans la saison
Que les tièdes zéphyrs ont l'herbe rajeunie, 
Et que les animaux quittent tous la maison
Pour s'en aller chercher leur vie ;
Un Loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l'hiver, 
Aperçut un Cheval qu'on avoit mis au vert.
Je laisse à penser quelle joie.
"Bonne chasse, dit-il, qui l'auroit à son croc.
Eh ! que n'es-tu mouton ! car tu me serois hoc ;
Au lieu qu'il faut ruser pour avoir cette proie.
Rusons donc." Ainsi dit, il vient à pas comptés ;
Se dit écolier d'Hippocrate ;
Qu'il connoît les vertus et les propriétés
De tous les simples de ces prés ;
Qu'il sait guérir, sans qu'il se flatte, 
Toutes sortes de maux. Si dom Coursier vouloit
Ne point celer sa maladie, 
Lui Loup, gratis, le guériroit ;
Car le voir en cette prairie
Paître ainsi, sans être lié, 
Témoignoit quelque mal, selon la médecine.
"J'ai, dit la bête chevaline, 
Une apostume sous le pied.
-Mon fils, dit le docteur, il n'est point de partie
Susceptible de tant de maux.
J'ai l'honneur de servir nos seigneurs les Chevaux, 
Et fais aussi la chirurgie."
Mon galand ne songeoit qu'à bien prendre son temps, 
Afin de happer son malade.
L'autre, qui s'en doutoit, lui lâche une ruade
Qui vous lui met en marmelade
Les mandibules et les dents.
"C'est bien fait, dit le Loup en soi-même fort triste ;
Chacun à son métier doit toujours s'attacher.
Tu veux faire ici l'arboriste, 
Et ne fus jamais que boucher."

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